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03/02/2014 03:18 EST | Actualisé 04/04/2014 05:12 EDT

"Lost in translation" à Davos? Tokyo critique la traduction de propos d'Abe sur la 1ère guerre mondiale

Le gouvernement japonais a réprimandé l'agence de traduction qu'il avait lui-même employée pour avoir selon lui déformé des propos du Premier ministre Shinzo Abe lors du dernier Forum économique mondial de Davos.

Selon l'Asahi Shimbun et le Sankei Shimbun, le ministère des Affaires étrangères a estimé que le traducteur avait déformé les propos de M. Abe lorsque celui-ci, parlant fin janvier des relations actuellement tendues entre la Chine et le Japon, avait évoqué celles entre l'Allemagne et la Grande-Bretagne juste avant la première guerre mondiale il y a un siècle.

Devant des journalistes qui le questionnaient sur les relations exécrables entre son pays et la Chine en raison de contentieux historiques et d'un différend territorial, M. Abe avait, selon la traduction fournie alors, parlé de "situation similaire", ce qui avait déclenché une tempête de critiques virulentes de la part du régime chinois.

Selon une traduction effectuée par l'AFP du transcript japonais de ses propos, M. Abe était interrogé sur sur la possibilité selon lui d'un conflit entre la Chine et sa réponse avait été la suivante: "Cette année marque le 100ème anniversaire de la première guerre mondiale. A l'époque, la Grande-Bretagne et l'Allemagne entretenaient des liens économiques forts, mais les deux pays sont entrés en guerre. Je fais ce rappel historique comme un commentaire supplémentaire. Si quelque chose similaire à ce que vous suggérez (la possibilité d'un conflit sino-japonais, ndlr) venait à se produire, cela infligerait des pertes sévères au Japon et à la Chine, mais aussi au monde. Nous devons faire absolument en sorte que cela n'arrive pas".

L'expression "situation similaire" ne figure pas dans ce verbatim fourni à l'AFP par le gouvernement japonais, mais l'allusion aux relations entre Londres et Berlin à la veille de la "grande guerre" et les conséquences d'un éventuel conflit sino-japonais sont bel et bien dans une seule et même réponse.

Depuis septembre 2012, les relations entre la Chine et le Japon sont au plus bas, tant à cause d'un différend territorial en mer de Chine orientale que de questions liées à l'Histoire du XXème siècle.

Pékin avait notamment été ulcéré lorsque le 26 décembre M. Abe s'était rendu au sanctuaire Yasukuni de Tokyo, où sont honorés 2,5 millions de morts pour le Japon mais surtout 14 criminels de guerre de la dernière guerre.

Pour la Chine, la Corée du Sud et d'autres pays asiatiques, ce sanctuaire symbolise le passé fasciste et militariste du Japon.

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