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03/02/2014 11:25 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

L'OMS prédit une crise mondiale du cancer si on n'intensifie pas la prévention

MONTRÉAL - Une crise mondiale du cancer se profile à l'horizon si des moyens de prévention plus efficaces ne sont pas mis en oeuvre d'urgence, prévient l'Organisation mondiale de la santé dans son Rapport sur le cancer dans le monde 2014, publié lundi.

Ce rapport, préparé par quelque 250 chercheurs de plus 40 pays, estime que le nombre annuel de nouveaux cas de cancer devrait passer de 14 millions en 2012 à 22 millions au cours des 20 prochaines années.

L'augmentation est surtout imputable à la croissance et au vieillissement des populations dans les pays en voie de développement — en Afrique, en Asie et en Amérique centrale et du Sud —, où l'augmentation du nombre de cas de cancer est disproportionnée par rapport aux pays industrialisés.

Les auteurs du rapport notent que les coûts associés au fardeau du cancer dépassent non seulement la capacité de payer des pays en voie de développement mais affectent aussi négativement les économies des pays les plus riches. Le coût économique annuel total du cancer a été estimé, en 2010, à 1160 milliards $ US.

Selon le rapport, les traitements sont, à eux seuls, insuffisants pour mener cette lutte, et il est essentiel de se concentrer davantage sur la prévention. Les chercheurs font valoir que des campagnes de vaccination efficaces contre les virus de l'hépatite C et du papillome humain font reculer les cancers du foie et du col utérin, et que des campagnes contre le tabagisme sont d'une importance cruciale, tout comme la promotion de l'activité physique.

Par ailleurs, les auteurs soulignent que plusieurs méthodes simples de détection et de traitement précoces sont connues, et qu'elles doivent être vues comme un investissement et non comme un coût.

«En dépit de progrès prometteurs, ce rapport montre que nous ne pouvons pas régler le problème du cancer grâce aux seuls traitements», a déclaré par voie de communiqué Christopher Wild, directeur du Centre international de recherche sur le cancer, et corédacteur du rapport. «Une plus grande mobilisation pour la prévention et la détection précoce est maintenant absolument nécessaire, pour compléter les traitements et faire face à l'augmentation alarmante du fardeau du cancer au niveau mondial.»

Selon les informations publiées par l'OMS, les cancers les plus fréquemment diagnostiqués en 2012 étaient ceux du poumon (1,8 million de cas, soit 13 pour cent du total), du sein (1,7 million de cas, ou 11,9 pour cent), et du côlon-rectum (1,4 million, soit 9,7 pour cent).

Les cancers du poumon, du foie et de l'estomac se sont cependant avérés être les plus meurtriers, totalisant à eux trois 3,1 millions de décès, ou 37,3 pour cent des cas mortels.

«L’augmentation du cancer dans le monde est un obstacle majeur au développement et au bien-être humain, souligne le Dr Wild. Ces nouveaux chiffres et projections envoient le signal fort qu'une action immédiate est nécessaire pour faire face à ce désastre humain, qui touche toutes les communautés dans le monde, sans exception.»