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03/02/2014 09:46 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

Les manifestants thaïlandais promettent d'annuler l'issue du scrutin

BANGKOK - Les manifestants thaïlandais ont promis lundi d'organiser des démonstrations encore plus importantes au coeur de Bangkok et de poursuivre leurs efforts pour faire annuler l'issue d'un scrutin qui risque de prolonger la crise politique qui secoue le pays.

En dépit des craintes de violence, le vote s'est déroulé dimanche dans 90 pour cent des bureaux de scrutin. L'opposition a forcé la fermeture de certains bureaux de Bangkok et dans le sud du pays, empêchant des millions de personnes de voter.

Conséquemment, tous les sièges en jeu au parlement ne seront pas comblés et des élections complémentaires devront être organisées, ce qui étirera la paralysie politique pendant encore plusieurs mois.

Le résultat du vote sera annoncé uniquement quand toutes les régions auront voté.

Après avoir interféré avec le développement du vote, les manifestants ont indiqué avoir l'intention de contester le scrutin sur plusieurs fronts, notamment en faisant valoir que la loi exige que l'élection ait lieu en une seule journée. Une formation d'opposition qui appuie les manifestants et a boycotté le vote, le Parti démocratique, a révélé lundi être à étudier les motifs juridiques qui pourraient invalider le vote.

Le conflit vieux de trois mois oppose les partisans de la première ministre Yingluck Shinawatra à ceux qui prétendent que son gouvernement est trop corrompu pour gouverner. Ses détracteurs affirment qu'elle n'est que la marionnette de son frère, l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra, qui a été chassé du pouvoir par l'armée en 2006 et qui vit en exil pour échapper à une peine de prison pour corruption.

Les manifestants ont occupé de grandes intersections de Bangkok et forcé la fermeture de plusieurs ministères.

«Nous n'abandonnons pas la lutte, a dit le leader des manifestants, Suthep Thaugsuban. Notre mission est de continuer à paralyser les bureaux du gouvernement, alors ne nous demandez pas d'y renoncer.»

M. Suthep, un ancien parlementaire de l'opposition, a ajouté que les manifestants fermeront deux démonstrations de Bangkok pour se concentrer sur cinq autres, de manière à rehausser leur sécurité fasse aux partisans du gouvernement.

Cette décision risque de perturber encore davantage Bangkok, où les manifestants se sont concentrés sur certains des secteurs commerciaux les plus huppés de la capitale.

Les manifestants exigent que le pouvoir soit confié à un conseil non-élu qui rédigerait des lois anticorruption et effacerait l'influence de la famille Shinawatra dans le monde politique. Mme Yingluck a refusé de quitter son poste, faisant valoir qu'elle a été élue par la majorité et qu'elle est prête à mettre en place des réformes. Elle prétend que le conseil souhaité par l'opposition serait anticonstitutionnel et non démocratique.

Les manifestants sont trop peu nombreux pour l'emporter aux bureaux de vote, mais ils peuvent compter sur des alliés puissants. Des observateurs croient qu'ils s'adresseront maintenant à la Cour constitutionnelle pour faire annuler le scrutin. Si l'issue du vote est annulée, de nouveaux affrontements sanglants sont à prévoir dans les rues, a prévenu l'avocat Verapat Pariyawong.

Washington a déploré le fait que de nombreux Thaïlandais aient été privés de leur droit de vote lors du scrutin de dimanche. La porte-parole du département d'État Jen Paski a souligné, lundi, que les États-Unis ne souhaitaient pas de coup d'État ni de recours à la violence et que la Maison-Blanche s'inquiétait du fait que les tensions politiques puissent miner la démocratie en Thaïlande.

«Nous ne prenons pas partie dans les conflits politiques en Thaïlande mais nous continuons à faire pression auprès de tous les acteurs pour qu'ils s'engagent dans des négociations sincères afin de résoudre les différents politiques et ce, de façon pacifique et démocratique», a-t-elle indiqué.