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03/02/2014 12:03 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

La livre turque continue à baisser après des chiffres de l'inflation

La livre turque (LT) a cédé un peu de terrain lundi face au dollar et à l'euro après la publication de statistiques mensuelles confirmant la progression de l'inflation en Turquie, sur fond d'inquiétude persistante des marchés pour les pays émergents.

En fin de journée, la devise turque s'échangeait à 2,2738 LT pour un dollar et à 3,0747 LT pour un euro, au-dessus de ses niveaux d'avant la décision, mardi soir, de la Banque centrale turque d'augmenter ses taux directeurs.

Le principal indice de la Bourse d'Istanbul a lui clôturé en baisse de 0,30% à 61.675,17 points.

L'institut turc de la statistique (TUIK) a publié lundi matin le chiffre de la hausse des prix en janvier, qui a atteint 1,72%, plus que les 1,61% anticipés par les analystes, portant l'inflation à un rythme annuel à 7,48% dans le pays.

La Banque centrale a relevé la semaine dernière ses prévisions d'inflation pour 2014, de 5,3% à 6,6%.

Les autorités monétaires turques ont procédé la semaine dernière à une forte hausse des taux d'intérêt pour tenter d'enrayer la dégringolade continue de la livre, qui a perdu près de 30% de sa valeur depuis un an.

"Nous ne sommes pas persuadés que le niveau actuel des taux à court terme soit suffisant pour protéger la livre des pressions à la baisse, particulièrement si le sentiment général à l'endroit des pays émergents ne s'améliore pas", a jugé Gökçe Celik, analyste à la Finansbank. "L'opportunité d'une nouvelle hausse modeste des taux demeure".

La décision de la banque centrale a suscité l'ire du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, qui redoute que cette mesure affecte la croissance du pays et creuse un peu plus ses déficits publics (+ de 7% du produit intérieur brut).

Mercredi soir, M. Erdogan a indiqué qu'il observerait pendant "un certain temps" les effets de cette décision et qu'il était prêt à présenter "un plan B et un plan C", sans autre détail.

Le ministre des Finances Mehmet Simsek a démenti pendant le week-end toute idée de restriction aux mouvements de capitaux, notamment en taxant les dépôts en devise étrangère, et a attribué la pression qui continue à s'exercer sur la livre à "la demande en devises étrangères des particuliers et des entreprises".

Depuis la mi-2013, la monnaie turque, comme celle des autres pays émergents, est fragilisée par la politique de resserrement monétaire de la Fed. Son plongeon s'est accéléré depuis la mi-décembre à cause de la crise politique provoquée par un scandale politico-financier qui éclabousse le gouvernement.

De nombreux analystes ont révisé à la baisse leurs prévisions de croissance pour 2014, contrairement au gouvernement turc qui a maintenu les siennes à 4%.

pa/bap