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03/02/2014 09:14 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

France: l'ex-ministre géorgien Kezerachvili remis en liberté sous bracelet électronique

L'ex-ministre géorgien David Kezerachvili a été remis en liberté sous bracelet électronique lundi par la cour d'appel d'Aix-en-Provence (sud de la France), a-t-on appris auprès de ses avocats.

La Cour d'appel doit se prononcer le 27 février sur la demande d'extradition de l'ancien ministre de la Défense aujourd'hui dans l'opposition, par la Géorgie. Il avait été interpellé à l'aéroport de Nice le 14 octobre alors qu'il s'apprêtait à embarquer à bord d'un vol pour Tirana (Albanie).

A deux reprises, en octobre et décembre 2013, les magistrats d'Aix-en Provence avaient rejeté une demande de remise en liberté.

La cour d'appel a demandé en outre à M. Kezerachvili de remettre ses passeports, géorgien et israélien, à la justice française.

Cette libération "est une très bonne nouvelle, c'est de bon augure", a réagi Me Aurélien Hamelle, l'un des ses avocats.

Lors de l'audience, le 30 janvier, le parquet général d'Aix-en-Provence s'est montré "extrêmement réservé" à l'égard de la demande d'extradition.

L'avocate générale Solange Legras s'était étonnée du "grand nombre de procédures" - environ 90, selon elle - "à l'encontre de responsables ou anciens responsables du Mouvement national uni (MNU, parti de l'ancien président Alexandre Saakachvili), dont M. Kezerachvili est un des responsables, au lendemain de la défaite de ce parti aux élections d'octobre 2012.

Ses avocats dénoncent "une purge opérée par le gouvernement géorgien contre les opposants politiques".

"Son incarcération, intervenue en pleine campagne électorale et avant d'autres échéances politiques importantes, prive ainsi l'opposition de l'un de ses membres les plus importants", estiment-ils.

M. Kezerachvili avait été ministre de la Défense de 2006 à 2008 et avait auparavant exercé la fonction de chef de la police financière, entre 2004 et 2006.

L'ancien ministre a été mis en examen en Géorgie dans deux dossiers. Il est accusé d'être impliqué dans un trafic d'éthanol entre l'Ukraine et la Géorgie. Il est par ailleurs accusé d'avoir, en 2009, mis la main de manière frauduleuse sur une chaîne de télévision, Imedi TV.

La Géorgie avait lancé deux mandats d'arrêt internationaux contre lui.

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