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03/02/2014 12:02 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

Damas continue à ne pas respecter "les principes humanitaires de base" (émissaire français)

Le régime de Damas "continue de ne pas respecter les principes humanitaires de base" pour l'acheminement de l'aide, contrairement aux combattants de l'opposition démocratique qui "font leur maximum, parfois au péril de leur vie", a déclaré lundi l'ambassadeur français pour la Syrie, Eric Chevallier.

Venu à Rome participer dans la matinée à une conférence sur l'aide humanitaire à la Syrie, M. Chevallier, interrogé par l'AFP, a demandé que l'aide "puisse entrer dans les zones assiégées, par les frontières quand c'est plus facile".

Le régime "assiège un certain nombre de zones et l'aide n'y parvient pas", a-t-il dit. Il a cité les discussions sur la ville de Homs lors du premier round de négociations de Genève.

"Il a été question que les convois puissent arriver à Homs avec de l'aide humanitaire: douze camions qui devaient arriver au centre de la vieille ville", a déclaré le diplomate.

"L'opposition civile et combattante s'était engagée par écrit publiquement à faciliter l'arrivée de ce convoi et le régime a décidé de le bloquer, ou a même fait pire: il a commencé à négocier le nombre de paniers alimentaires qui pourrait arriver, dans une espèce de tractation absolument terrifiante", a-t-il dit.

Alors que l'opposition démocratique "a démontré son sérieux" et "fait son maximum dans un contexte très difficile", l'ambassadeur a évoqué le rôle "des alliés plus ou moins objectifs du régime" que sont selon lui certains groupes islamistes radicaux, citant en particulier l'un de ces groupes, l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL).

Selon lui, ce groupe "a des liens plus ou moins explicites avec le régime de Damas". "Nous savons par exemple qu'il arrive que des avions et hélicoptères soient envoyés par le régime, survolent des camps ou bases de l'EIIL sans y toucher et aillent ensuite bombarder avec des barils de TNT remplis de ferrailles des populations civiles, comme par exemple à Alep, ce week-end", a dit cet ancien ambassadeur à Damas.

Interrogé sur le rôle des pays alliés de Damas (Russie, Iran notamment) pour débloquer la négociation, M. Chevallier a répondu: "On ne peut prétendre être à la fois favorable à une solution politique telle que Genève II et ne pas faire tout le travail de persuasion nécessaire".

Pour le deuxième round des négociations, le diplomate français a souhaité, à côté de la mise en place de l'organe de transition, des mesures allégeant immédiatement les souffrances du peuple syrien. Il a cité une liste de 30.000 personnes détenues arbitrairement remise par l'opposition au diplomate algérien Lakhdar Brahimi, émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie.

Des représentants de l'Irak, de l'Iran, du Liban, des Etats-Unis, de la Russie, du Qatar, de l'Arabie saoudite étaient notamment présents lors de la réunion de Rome, coprésidée par Emma Bonino, ministre italienne des Affaires étrangères, Valerie Amos, secrétaire générale adjointe des Nations Unies, et Kristalina Georgieva, commissaire européenne pour l'aide humanitaire.

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