NOUVELLES
03/02/2014 01:22 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

Centrafrique : la Défense belge exclut une intervention sans moyens supplémentaires

Le ministre belge de la Défense, Pieter De Crem, a exclu lundi que l'armée belge participe "de manière considérable" à la future mission européenne en Centrafrique si son département, soumis à des restrictions budgétaires, n'obtenait pas des moyens financiers supplémentaires.

"Il est pour nous impossible de participer d'une manière considérable à toute opération s'il n'y a pas une contre-valeur financière", a déclaré M. De Crem lors d'une réunion à Bruxelles des ambassadeurs de Belgique.

"Je pense que l'on devrait avoir quelques garanties sur le financement", a ajouté le ministre, membre du parti chrétien-démocrate flamand CD&V, cité par l'agence Belga.

M. De Crem n'a pas précisé s'il souhaitait obtenir un financement européen ou une rallonge prise sur le budget national, alors que son département, comme l'ensemble des ministères belges, a vu ses moyens se réduire au nom de la lutte contre les déficits publics.

Sollicitée de manière informelle par la France en décembre, la Belgique avait indiqué qu'elle pourrait participer à la sécurisation de l'aéroport de Bangui, avec l'envoi de quelque 150 hommes, mais uniquement si un "cadre européen" était mis en place.

Depuis, l'UE a approuvé le déploiement d'une force européenne d'environ 500 hommes, à laquelle l'ONU a donné son feu vert fin janvier.

Mais le gouvernement belge, qui a mis deux avions à la disposition de l'opération de sécurisation menée par la France et la force africaine en Centrafrique (Misca), n'a pas confirmé son intention d'en faire plus.

La question pourrait être abordée lors de la visite d'Etat qu'effectuera jeudi à Paris le roi des Belges Philippe, qui sera accompagné notamment par le Premier ministre Elio Di Rupo, selon Belga.

La grande prudence des responsables belges s'explique également par le traumatisme, toujours vivace, causé par la mort de 10 Casques bleus belges lors du génocide rwandais de 1994 et par le contexte des élections législatives du 25 mai prochain, ont expliqué à l'AFP des sources proches du gouvernement belge.

Mis à part l'Estonie, prête à envoyer jusqu'à 55 hommes, les autres pays de l'UE ne se pressent pas non plus pour apporter les renforts souhaités par Paris. Ceux-ci ne devraient pas arriver avant plusieurs semaines et risquent de toute manière d'être insuffisants pour stabiliser un pays dévasté par des mois de violences intercommunautaires.

siu/aje/sd