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02/02/2014 08:13 EST | Actualisé 04/04/2014 05:12 EDT

Super Bowl XLVIII : point d'équilibre

L'attaque la plus productive de l'histoire de la NFL fera face à la meilleure défense de la ligue lors du Super Bowl XLVIII, dimanche soir. Des Broncos et des Seahawks, qui fera pencher la balance de son côté?

Un texte de Olivier Paradis-Lemieux Twitter Courriel

Peyton Manning et les Broncos de Denver n'ont pas affronté une unité défensive de cette qualité cette saison. Les quatre meilleures se retrouvaient dans l'autre association (Seahawks, Panthers, 49ers et Saints, dans l'ordre) et quand la route des Broncos a croisé celle des Chiefs, les hommes d'Andy Reid amorçaient un lent déclin.

Avec Demaryius Thomas, Eric Decker, Wes Welker et l'ailier rapproché Julius Thomas (qui s'espace souvent en tant qu'ailier éloigné), Manning a les armes pour offrir à Seattle son meilleur test cette saison. Sans oublier Knowshon Moreno, un très bon porteur de ballon capable de se transformer en receveur en un clin d'oeil.

Mais la défense des Seahawks s'appuie sur une tertiaire hors norme, qui, sur papier, semble être l'antidote parfait au corps de receveurs de passe de Denver.

La bande à Sherman

Richard Sherman a fait beaucoup parler de lui depuis deux semaines en raison de sa tirade après la victoire contre les 49ers, dans laquelle il affirmait à qui voulait l'entendre qu'il est le meilleur demi de coin de la NFL.

Il a probablement raison, mais il n'est pas le meilleur joueur de la tertiaire de Seattle. Ce titre revient plutôt au maraudeur Earl Thomas, posté en plein centre du terrain. Thomas est une machine à effectuer des plaqués (105 cette saison), qui fuse vers ses proies tel un balbuzard pêcheur (littéralement, un sea hawk) : les receveurs et les porteurs adverses.

Les hommes de Pete Carroll utilisent peu le blitz. Ils préfèrent mettre de la pression à quatre joueurs, pendant que les sept autres descendent en couverture de zone. Ainsi, dans leur formation de base, Sherman, Thomas et Byron Maxwell se voient chacun assigner un tiers du terrain (cover 3).

Contre les Broncos, on devrait voir les demis de coin rudoyer les receveurs dès la ligne d'engagement, afin de gêner le synchronisme existant entre eux et Manning. Cette stratégie qu'utilisent déjà avec succès les Seahawks, avait fonctionné à merveille pour les Colts lorsqu'ils avaient surpris les Broncos lors du grand retour du quart étoile à Indianapolis.

Et Seattle possède une bien meilleure défense que celle de l'ancienne équipe de Manning.

Sherman devrait faire souvent face à Demaryius Thomas, le meilleur receveur des Broncos, et selon Sherman même, un des cinq meilleurs du circuit Goodell. Cette confrontation pourrait dicter l'allure du match, mais il sera intéressant de voir si Denver tentera de soutirer Thomas à la surveillance du demi de coin. Et dans ce cas, si Sherman le suivra comme son ombre ou restera de son côté du terrain.

Force contre force

Entre une attaque aérienne et une défense contre la passe de ce niveau, on peut s'attendre à ce qu'un certain équilibre se crée. Non, les Seahawks ne muselleront pas entièrement Manning. Non plus, le quart des Broncos ne réussira pas une autre performance de cinq touchés ou plus par la voie des airs.

Les Broncos ont marqué 37,9 points par match cette saison pendant que les Seahawks en accordaient 14,4.

L'écart est immense, et s'il y a bel et bien équilibre, on peut s'attendre à ce que les Broncos marquent entre vingt et trente points. Une pure moyenne entre les deux formations donne 26 points. Un score final possible pour les hommes de John Fox, même si ce total n'a été dépassé qu'une seule fois cette saison contre Seattle, par les Colts, qui l'avaient emporté 34-28, en octobre.

Est-ce que les Seahawks peuvent inscrire plus de 26 points contre les Broncos? La question mérite d'être posée.

L'autre duel

En attaque pour les Seahawks, notons-le d'emblée, le quart Russell Wilson a été plus qu'ordinaire depuis un mois, avec une faible moyenne de 149 verges par la passe. Très efficace pour éviter la pression des ailiers défensifs adverses par des dérobades qui l'amènent souvent plus de 15 verges derrière la ligne de mêlée, Wilson a souvent de la difficulté à repérer ses receveurs de passe.

Golden Tate et Doug Baldwin sont des ailiers éloignés moyens que les demis adverses couvrent avec aisance. Si Percy Harvin arrive à rester sur le terrain, Wilson aura un véritable receveur numéro un, rapide et embêtant pour la défense de Denver.

Mais une présence continue d'Harvin est incertaine. Il a manqué à l'appel au cours de 15 des 16 rencontres du calendrier en raison d'une blessure à une hanche avant de subir une commotion contre les Saints et de rater la finale d'association.

Dans l'éventualité où Wilson ne retrouve pas ses marques avant la fin du Super Bowl, toute l'attaque des Seahawks reposera, encore une fois, sur les épaules du demi étoile Marshawn Lynch.

En 2 matchs éliminatoires, Lynch a ajouté 249 verges aux 1257 qu'il avait amassées pendant la campagne, en plus de réussir 3 touchés. C'est lui qui a permis aux Seahawks de se rendre jusqu'au match ultime, un plaqué brisé à la fois.

Enfin, la guerre de mots entre les Broncos et les Seahawks a été relativement polie, mais le meilleur jab et la meilleure esquive sont venus d'un échange (par médias interposés) entre Sherman et Manning. Le demi de coin a affirmé que le quart émérite lançait des « canards » (ducks).

Sherman a un point. À de nombreuses reprises cette saison, on a vu Manning lancé des ballons qui virevoltaient dans les airs comme une feuille au vent. Le quart des Broncos a confirmé l'assertion de Sherman : « En effet, je lance des "canards". Je lance des "canards" pour une tonne de verges et des "canards" pour des touchés. J'en suis plutôt fier! »

Un canard du quintuple joueur par excellence dans la direction de ce Seahawk pourrait toutefois bien se transformer en une interception retournée pour un touché. Une spécialité de Sherman, qui pourrait bien clore le 48e Super Bowl. Mais donnons un léger avantage à la bande à Peyton Manning, qui tentera de soulever pour une deuxième fois le trophée Vince-Lombardi.

Botté d'envoi du duel Broncos-Seahawks à 18h30, à East Rutherford, au New Jersey.