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02/02/2014 05:13 EST | Actualisé 04/04/2014 05:12 EDT

Mission de la ministre de l'Education du Centrafrique: le retour des enfants à l'école

"Meurtrie" par la guerre qui ravage son pays, Gisèle Bedan, qui travaillait il y a encore peu dans un lycée français, n'a qu'une priorité en tant que nouvelle ministre de l'Education de Centrafrique: le retour de la paix et la sécurité "pour que les enfants reprennent le chemin de l'école".

A quelques jours de son départ pour Bangui, l'emploi du temps de Mme Bedan, 48 ans et l'une des 7 femmes que compte le gouvernement de 20 ministres de la présidente de transition Catherine Samba Panza, est déjà très serré.

Au poste de ministre de l'Education, une immense tâche l'attend. Son pays est plongé dans le chaos depuis mars 2013 et les habitants, notamment les enfants, sont pris dans une spirale de violences communautaires et interreligieuses, qui ont poussé des centaines de milliers de personnes à quitter leur foyer.

A Bangui, quadrillée par les forces internationales et qui compte 800.000 habitants, la moitié de la population vit entassée dans des camps de fortune. Le reste du pays reste essentiellement livré à lui-même et aux bandes et milices armées.

Assistante d'éducation dans un lycée de la banlieue parisienne, Gisèle Bedan a appris sa nomination dans un mail de la présidente de transition élue le 20 janvier.

"Je n'avais rien demandé, mais c'est peut-être le bon moment d'apporter ma pierre à l'édifice", estime Mme Bedan, partagée depuis ses deux ans entre la Centrafrique et la France.

Inconnue en France, cette femme humble et abordable est une personnalité influente en Centrafrique.

Née à Bangui d'une mère enseignante et d'un père diplomate, elle a fondé en 1996 un établissement scolaire privé "à moindre coût" accueillant 980 élèves dans la capitale centrafricaine et qu'elle dirige toujours.

"J'ai osé cet établissement et j'ai tenu bon, cela n'a pas été facile", raconte celle qui a fait de la lutte contre l'opacité dans l'attribution des diplômes un cheval de bataille.

Lorsque la situation du pays a dégénéré, elle a prolongé son séjour en France, l'ancienne puissance coloniale, et s'est mise en quête d'un travail dans l'éducation, pour ne pas attendre "sans bouger". Son CV a finalement attiré l'attention de la proviseure d'un lycée de Mantes-la-Jolie, à l'ouest de Paris.

Au lycée, elle s'est illustrée par son franc-parler à l'adresse de certains élèves, pas toujours commodes, quitte à les bousculer.

"Elle leur disait que retirer les casquettes et les capuches, c'était déjà une façon de se former à demain", relate la proviseure Meryem Karbiche, impressionnée par cette recrue "qui n'a pas eu peur de se retrousser les manches" dans un lycée "où tout paraît difficile".

A l'instar de Gisèle Bedan, une conseillère municipale d'une petite ville de la banlieue parisienne a été appelée à rejoindre le gouvernement de transition en tant que ministre de la Communication.

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