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02/02/2014 11:19 EST | Actualisé 04/04/2014 05:12 EDT

Le Soudan accuse le CICR d'avoir agi en dehors de son mandat

Khartoum a accusé dimanche le Comité international de la Croix-Rouge d'avoir agi hors de son mandat au Soudan, confirmant la décision des autorités soudanaises de suspendre les activités du CICR dans le pays.

"Nous constatons que le CICR mène des activités en dehors du mandat fixé par le droit international et l'accord avec le gouvernement du Soudan", a affirmé dans un communiqué la Commission des affaires humanitaires (HAC), un organisme gouvernemental qui a indiqué avoir suspendu les activités du CICR à partir du 1er février.

Samedi, le CICR avait annoncé à l'AFP avoir reçu une lettre de la HAC l'informant de la suspension en raison de "plusieurs problèmes techniques" liés aux projets que le CICR comptait mener cette année.

Dans son communiqué, la HAC affirme que le CICR devait seulement travailler à travers le Croissant-Rouge soudanais.

Selon une source au sein de la HAC, le Croissant-Rouge s'est plaint du fait que "le CICR avait mené certaines activités sans la participation du Croissant-Rouge".

Khartoum restreint l'accès aux provinces du Kordofan-Sud et du Nil Bleu, où des combats opposent des rebelles aux forces gouvernementales depuis juin 2011, et où plus d'un million de personnes ont été déplacées ou sévèrement affectées par les violences, selon l'ONU. Aucune aide n'a ainsi pu parvenir dans les secteurs tenus par les rebelles dans ces deux Etats depuis 2011.

En 2012, la HAC avait déjà expulsé sept organisations humanitaires internationales de régions pauvres de l'est du Soudan, et Médecins sans frontières (MSF) avait été contraint de suspendre ses activités dans une partie du Darfour-Nord, en raison des restrictions imposées par le gouvernement soudanais.

En 2009, Khartoum avait retiré les autorisations de 13 ONG travaillant au Darfour, après l'émission par la Cour pénale internationale (CPI) d'un mandat d'arrêt pour crimes de guerre contre le président soudanais Omar el-Béchir.

Selon son porte-parole au Soudan, Rafioullah Qoureshi, les activités du CICR dans le pays avaient déjà été suspendues dans les années 1990.

La HAC a affirmé dimanche qu'elle s'engageait à faciliter le travail humanitaire des organisations locales, internationales et de l'ONU "conformément à leur engagement en vertu de la loi et des procédures régissant les activités humanitaires au Soudan".

"Nous sommes certains que les problèmes techniques cités par la Commission comme étant la raison de cette suspension seront rapidement réglés", a déclaré dimanche dans un communiqué Jean-Christophe Sandoz, chef de la délégation du CICR au Soudan, sans plus de précisions sur ces problèmes.

La moitié des 19 Etats du Soudan sont touchés par des violences et l'ONU évalue à 6,1 millions le nombre de personnes ayant besoin d'aide humanitaire.

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