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02/02/2014 11:06 EST | Actualisé 04/04/2014 05:12 EDT

Iran: l'opposant Mehdi Karoubi transféré en résidence surveillée chez lui

Les autorités iraniennes ont transféré Mehdi Karoubi, l'une des deux figures de l'opposition assignées à résidence depuis février 2011, d'une maison de l'Etat à son domicile où il reste sous surveillance, a indiqué dimanche son fils.

M. Karoubi, jusque-là détenu à Téhéran dans une maison sécurisée et appartenant à l'Etat, "a été transféré à son domicile la nuit dernière (samedi). Il vit au second étage de sa maison, les forces de sécurité sont au rez-de-chaussée", a expliqué Hossein Karoubi à l'agence Isna.

Mehdi Karoubi et Mir Hossein Moussavi, candidats réformateurs à la présidentielle de 2009, avaient dénoncé des fraudes massives lors du scrutin et appelé leurs partisans à descendre dans la rue pour contester la réélection du conservateur Mahmoud Ahmadinejad. La répression du mouvement avait fait des dizaine de morts à l'époque et plusieurs milliers de personnes avaient été emprisonnées.

Ils sont en résidence surveillée depuis février 2011.

"Sur les questions de sécurité, la situation n'a pas changé, seulement le lieu de résidence", a ajouté Hossein Karoubi. Son père n'est autorisé à regarder que la télévision d'Etat, et n'a accès ni au satellite, ni à l'Internet et ni au téléphone.

Le sort des deux responsables politiques est revenu au centre des débats après l'élection du président Hassan Rohani en juin 2013. Ce religieux élu grâce aux camps réformateur et modéré, souhaite une libéralisation politique et culturelle et travaille à la levée des restrictions sécuritaires, selon le porte-parole du gouvernement.

Mais le président ne s'est pas directement impliqué en faveur des deux opposants, accusés de "crime" et de "trahison" par l'aile dure du régime.

Plusieurs personnalités condamnées dans le cadre de la contestation de 2009, dont l'avocate des droits de l'Homme Nasrin Sotoudeh, ont été libérées ces derniers mois, une décision considérée comme un geste d'ouverture de M. Rohani vers l'Occident.

"Nous ne devrions pas avoir de grandes attentes, car l'amélioration de l'atmosphère sécuritaire sera lente, mais nous espérons que la situation s'améliore pour lui et les autres", a souligné Hossein Karoubi.

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