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02/02/2014 07:17 EST | Actualisé 04/04/2014 05:12 EDT

Aider les jeunes endeuillés par un suicide

À l'occasion de la 24e Semaine nationale de prévention du suicide, nous vous présentons un programme unique dans la région de Montréal pour aider les enfants et les adolescents endeuillés à la suite du suicide d'un proche.

Un texte de Ximena Sampson Courriel  

« Les enfants et les ados vivent ça différemment que les adultes », explique Josée Lake, travailleuse sociale à la Ressource régionale Suicide du Centre de santé et des services sociaux (CSSS) de Laval et conceptrice du programme. Les jeunes ont particulièrement besoin de ne pas se sentir seuls, explique-t-elle.

Depuis une quinzaine d'années, le CSSS de Laval offre des thérapies de groupe, qui consistent en 12 rencontres d'une durée de deux heures, hebdomadaires pour les enfants (6-12 ans), toutes les deux semaines pour les adolescents.

Adapté aux besoins des jeunes

« Pour les enfants, c'est plus difficile dans le un à un », affirme Josée Lake. Dans le groupe de soutien, ils rencontrent d'autres enfants ayant vécu la même chose et ils se sentent moins exclus. « C'est rassurant pour eux de voir un autre enfant qui vit la même chose », précise la travailleuse sociale.

L'objectif est de s'assurer que le travail de deuil soit bien amorcé. En effet, le deuil après suicide est qualifié par les experts de « deuil traumatique », pour lequel le risque de problèmes psychologiques et somatiques (dépression et anxiété, notamment) est plus élevé. Il est donc important d'aider à la récupération.

Dans le cadre des rencontres, les enfants abordent les thèmes et les émotions à travers différentes méthodes, dont le jeu, le dessin et le théâtre. Ils peuvent s'exprimer sur leur perte sans crainte de blesser quiconque.

Les adolescents, pour leur part, acquièrent des outils et des habiletés qui contribuent à les aider dans le processus de deuil et à normaliser leur vécu.

Parfois, les parents pensent qu'il est contre-productif d'inscrire leur enfant à un groupe de soutien parce que cela peut les replonger dans un vécu douloureux. De plus, au départ, les jeunes ont rarement envie de prendre part aux rencontres.

Pourtant, explique Josée Lake, « c'est un beau cadeau à leur faire ». Par la suite, « ils ont hâte de venir, ça leur fait du bien », souligne Mme Lake, qui soutient que le taux de rétention du programme est très élevé.

Dans la région de Montréal, le programme du CSSS de Laval est le seul spécifiquement à l'intention des enfants et des adolescents. Il est maintenant appliqué dans une dizaine d'autres régions de la province.

La 24e Semaine nationale de prévention du suicide se déroule du dimanche 2 au samedi 8 février 2014