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01/02/2014 11:27 EST | Actualisé 03/04/2014 05:12 EDT

Timochenko : les pourparlers avec le pouvoir ukrainien sont "inutiles"

La fille de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko, Evguénia a indiqué à l'AFP, depuis Munich, mener campagne pour convaincre les Occidentaux d'adopter une ligne dure contre le président ukrainien contesté dans la rue depuis plus de deux mois.

Evguénia Timochenko s'est notamment entretenue, en marge de la Conférence sur la sécurité, avec le commissaire de l'UE pour l'élargissement Stefan Füle et la chef de la diplomatie italienne Emma Bonino, pour faire passer le message de sa mère: les pourparlers avec le régime ukrainien sont "inutiles".

Q Quel message voulez-vous faire passer à Munich?

R Nous appelons à des actions plus radicales de la part des leaders du monde démocratique pour faire cesser les violences, tortures et meurtres de manifestants ukrainiens. Les négociations avec (le président ukrainien Viktor) Ianoukovitch ne peuvent pas être efficaces. Nous exigeons toujours la démission de Ianoukovitch et des élections anticipées.

Les pourparlers entre le pouvoir et l'opposition n'ont pas fait cesser les violences. Le résultat des pourparlers est que les manifestants doivent remplir les conditions du pouvoir (en quittant dans les 15 jours les bâtiments publics occupés aux termes d'une amnistie, ndlr).

Nous voulons expliquer (aux Occidentaux) que les gens qui manifestent contre le pouvoir ne sont pas des extrémistes ou provocateurs, nous sommes des millions et les pays démocratiques doivent défendre notre lutte et nous protéger du pouvoir qui prépare une attaque contre son peuple.

Il faut parler au pouvoir en position de force au lieu de chercher un compromis que Ianoukovitch n'acceptera jamais.

Q comment interprétez-vous l'ouverture d'une enquête pour tentative de prise de pouvoir visant le parti Batkivchtchina de votre mère?

R Cela montre encore une fois que le pouvoir mène une guerre délibérée contre l'opposition. Plus Ianoukovitch perd le contrôle sur les régions, sur les députés de son parti, plus il attaque les centres de résistance comme Batkivchtchina, le plus grand parti d'opposition.

Nous en avons parlé à Füle. Cela s'inscrit dans la poursuite de répressions politiques.

Q Où on en est la campagne pour libérer Ioulia Timochenko?

R Je vais poursuivre la lutte pour ma mère parce qu'elle est le premier prisonnier politique de ce régime. Des millions de gens qui se sont rebellés conte le régime peuvent ressentir aujourd'hui ce qu'elle a vécu en prison.

La libération de ma mère est l'une des exigences prioritaires (des Occidentaux)

La pression sur le pouvoir va monter de la part des Etats-Unis et de l'Union européenne. Son absence se fait sentir sur le Maïdan (la place de l'Indépendance à Kiev, haut lieu de la contestation), les gens veulent qu'elle mène la contestation. Elle est aujourd'hui considérée par le pouvoir comme un adversaire plus dangereux que jamais.

neo/lpt/bir