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01/02/2014 09:17 EST | Actualisé 03/04/2014 05:12 EDT

L'armée irakienne a mené un raid aérien sur Fallouja

L'armée irakienne a mené un rare raid aérien sur Fallouja, ville tombée aux mains d'insurgés dont certains liés à Al-Qaïda il y a plusieurs semaines, a annoncé samedi le ministère de la Défense.

Au moins trois personnes sont mortes dans des attaques à travers le pays, où plus de 1.000 personnes sont mortes dans les violences en janvier, ce qui en fait le mois le plus meurtrier depuis avril 2008, selon des données officielles.

Le ministère de la Défense n'a pas précisé dans son communiqué quand l'attaque, qui a visé un quartier du nord de Fallouja, avait eu lieu, mais a affirmé que 15 insurgés avaient été tués.

Depuis la prise de la ville par des hommes armés dont certains sont membres de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL, lié à Al-Qaïda), l'armée est majoritairement restée autour de Fallouja, par crainte d'un bain de sang si elle pénétrait dans la ville.

Fallouja, a 60km à l'ouest de Bagdad, était un bastion de l'insurrection après l'invasion américaine de 2003, et les batailles qui y ont eu lieu furent parmi les pires pour l'armée américaine depuis la guerre du Vietnam.

Des quartiers de la ville de Ramadi, 40km plus à l'ouest et autre bastion anti-américain, sont également tombés aux mains d'insurgés.

Les combats, qui opposent des membres de l'EIIL, des insurgés et des groupes anti-gouvernement à l'armée et la police, qui ont recruté des alliés parmi les tribus, ont déjà fait des centaines de morts depuis début janvier.

Les deux villes sont situées dans la province d'Al-Anbar, une région désertique à majorité sunnite qui partage une frontière avec la Syrie.

Selon l'ONU, plus de 140.000 personnes ont fui les violences dans cette province. Il s'agit du plus vaste déplacement de population en cinq ans dans le pays.

Ailleurs dans le pays, une bombe a explosé sur un marché aux légumes dans le sud de Bagdad, tuant deux personnes, et un soldat est mort dans une explosion au passage d'une patrouille de l'armée au nord de la capitale.

Selon les données de l'ONU publiées samedi, 733 personnes sont mortes dans des violences en janvier, mais les Nations unies ont précisé que cela ne prenait pas en compte les victimes dans la province d'Al-Anbar.

"Les opérations de sécurité doivent s'accompagner de politiques d'insertion, fondées sur le respect des droits de l'Homme, de la loi et du développement social", a déclaré l'envoyé spécial de l'ONU dans le pays, Nickolay Mladenov, dans un communiqué.

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