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01/02/2014 02:03 EST | Actualisé 03/04/2014 05:12 EDT

Expulsion des sénateurs: Trudeau se défend d'avoir condredit sa promesse

VANCOUVER - L'expulsion du caucus libéral de 32 sénateurs a surpris tout le monde sur la colline parlementaire, y compris les sénateurs concernés, mais le chef du parti, Justin Trudeau, s'est défendu d'avoir contredit sa promesse de ne pas imposer unilatéralement ses décisions.

Plus tôt cette semaine, M. Trudeau a annoncé que cette décision était une première étape pour retirer toute partisanerie de la chambre haute.

Durant la course à la chefferie du parti, il s'était notamment engagé à favoriser l'unité au sein des troupes, particulièrement lorsque viendrait le temps d'élaborer les plateformes politiques, plutôt que de dicter les lignes du parti.

M. Trudeau s'est toutefois défendu de contredire ses promesses, invoquant le fait que le Canada avait vécu une année de débats et de discussions sur le Sénat.

Les Canadiens ont dit haut et fort qu'ils veulent du changement, a-t-il dit vendredi à des journalistes à Vancouver, où il assistait à une célébration du Nouvel An chinois.

Il a soutenu qu'un de ses désormais anciens sénateurs, Paul Massicotte, avait lui-même fait une suggestion semblable l'automne dernier.

Au moins un sénateur, Dennis Dawson, a laissé entendre que M. Trudeau aurait pu éviter la confusion qui a suivi cette annonce en consultant les sénateurs d'abord.

Cette décision s'inscrit dans le cadre des tentatives de M. Trudeau de se démarquer des conservateurs, qui se sont fait élire il y a près de 10 ans en promettant de créer un Sénat élu, et des néo-démocrates, qui clament depuis longtemps qu'ils veulent abolir le Sénat.

Pour sa part, s'il est élu premier ministre, M. Trudeau assure qu'il mettra en place, avec la collaboration d'experts, un processus indépendant de nomination des sénateurs.

L'expulsion a créé une certaine confusion chez les sénateurs eux-mêmes et sur les impacts réels de ces changements. M. Trudeau n'a pas vraiment éclairci ces questions, vendredi.

Les sénateurs, a-t-il dit, ne seront plus des «militants politiques». Ils cesseront de participer aux campagnes politiques ou aux événements de financement pour le parti.

Mais des conseillers de M. Trudeau ont admis qu'il ne pouvait contrôler ce que les sénateurs font localement, dans une campagne provinciale ou au niveau d'une circonscription fédérale, par exemple. Les sénateurs pourront rester membres du parti.

En fait, le chef du PLC ne peut même pas empêcher les sénateurs de se dire libéraux. Les sénateurs ont eux-mêmes commencé à se nommer le «caucus libéral du Sénat».

«Ils sont indépendants, je n'ai aucune influence sur eux, a affirmé Justin Trudeau. Ils peuvent s'appeler comme ils le veulent.»

Le chef a laissé entendre que la situation s'éclaircirait d'elle-même à mesure que les sénateurs s'ajusteront à leur nouveau statut. Les détails des interactions entre le parti et les sénateurs (si, par exemple, l'un d'eux veut faire un don au parti) ne sont pas encore réglés.

Une réforme à long terme du Sénat et sa proposition de nommer les sénateurs de manière indépendante sont ses principaux objectifs, a-t-il répété.

«Je ne pense pas à ce qui sera présenté aux informations demain ou la semaine prochaine, je veux faire quelque chose de significatif pour changer une institution pour le mieux.»