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01/02/2014 09:14 EST | Actualisé 03/04/2014 05:12 EDT

Bagdad critique l'intention des Kurdes d'exporter seuls leur pétrole

Le vice-Premier ministre irakien en charge de l'énergie, Hussein Chahristani, a dénoncé samedi l'intention de la province autonome du Kurdistan irakien d'exporter son pétrole indépendamment des autorités de Bagdad.

Le gouvernement central et la province du Kurdistan se livrent depuis plusieurs mois une bataille sur cette question. Bagdad estime que l'énergie produite dans les régions appartient au pays tout entier, tandis que le Kurdistan souhaite traiter directement avec des compagnies pétrolières.

"Nous n'avons pas trouvé d'accord national sur l'extraction et la commercialisation du pétrole dans l'ensemble des territoires irakiens", a déclaré M. Chahristani lors d'une rencontre sur les évolutions du secteur énergétique.

"La situation avec le Kurdistan est toujours bloquée", a-t-il ajouté assurant qu'il "existe une zone floue, nous ne savons pas quelle quantité de pétrole cette région extrait, à quel prix elle le vend, et où vont les revenus".

En 2013, l'Irak a produit en moyenne 3,07 millions de barils par jour, selon l'Agence internationale de l'Energie (AIE), et les ventes de brut représentent 95% des revenus du gouvernement et près de deux tiers du PIB.

En janvier, le gouvernement irakien avait menacé de boycotter les entreprises turques et d'annuler des contrats si du pétrole kurde était exporté à l'étranger via la Turquie sans son aval, après l'annonce d'un début d'acheminement de brut du Kurdistan irakien vers ce pays.

Un projet de contrat entre Ankara et le Kurdistan irakien prévoit notamment la construction d'un nouvel oléoduc d'une capacité de 300.000 barils par jour.

Le vice-président américain, Joe Biden, s'est entretenu sur la question lors d'une conversation téléphonique vendredi avec le président du Kurdistan, Massoud Barzani, selon la Maison Blanche.

MM. Barzani et Biden "ont confirmé qu'il est nécessaire d'avoir une importante coopération entre le gouvernement régional du Kurdistan et le gouvernement irakien pour trouver un accord sur les exports énergétiques et le partage des revenus", a précisé Washington.

Outre le différent sur le pétrole, un conflit territorial oppose le gouvernement central au Kurdistan irakien, qui jouit d'une importante autonomie et dispose de ses propres forces de sécurité, gouvernement et drapeau.

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