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31/01/2014 04:26 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

Ukraine: l'armée appelle le président à prendre "des mesures d'urgence" pour "stabiliser" la situation

L'armée ukrainienne a appelé le président Viktor Ianoukovitch à prendre "des mesures d'urgence" pour "stabiliser" la situation en Ukraine, dans un communiqué publié vendredi matin sur le site internet du ministère de la Défense.

"Les militaires et les (autres) employés du ministère de la Défense ont appelé le chef suprême des armées (le chef de l'Etat, NDLR) à prendre des mesures d'urgence dans le cadre de la législation actuelle pour stabiliser la situation dans le pays", en proie depuis depuis plus de deux mois à un mouvement de protestation sans précédent contre le pouvoir, selon ce document.

"Les militaires et les (autres) employés du ministère de la Défense ont jugé inacceptables la prise d'assaut de bâtiments publics et les tentatives d'empêcher le pouvoir de remplir ses fonctions, notant qu'une escalade de la contestation menace l'intégrité territoriale" de l'Ukraine, poursuit le communiqué.

Viktor Ianoukovitch, confronté à une forte contestation depuis qu'il a renoncé, en novembre, à signer un accord de libre-échange avec l'Union européenne, a été déclaré jeudi matin indisponible par son service de presse en raison d'une "maladie respiratoire aiguë".

Dans un communiqué publié quelques heures plus tard, le président a accusé l'opposition d'"envenimer la situation" en appelant la population à continuer de manifester "en raison des ambitions politiques de quelques-uns de ses dirigeants".

De leur côté, les trois principaux chefs de l'opposition, Vitali Klitschko, Arseni Iatseniouk et Oleg Tiagnybok, ont affirmé dans une déclaration commune que M. Ianoukovitch avait violé la Constitution. Ils lui ont reproché d'avoir exercé un "chantage" sur les députés de sa propre formation politique, le Parti des régions, pour qu'ils votent, mercredi, malgré les réticences de certains d'entre eux, une loi accordant l'amnistie aux manifestants arrêtés.

Pour que l'amnistie entre en vigueur, il est imposé aux contestataires qu'ils évacuent d'abord dans les 15 jours les rues, places et bâtiments administratifs occupés à Kiev et dans plusieurs régions, ce que refuse l'opposition.

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