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31/01/2014 10:10 EST | Actualisé 02/04/2014 05:12 EDT

Syrie: 1900 personnes auraient été tuées pendant la conférence de paix de Genève

BEYROUTH - Près de 1900 personnes ont perdu la vie en Syrie au cours de la dernière semaine, pendant que se déroulait à Genève la conférence de paix organisée par les Nations unies, ont affirmé vendredi des militants.

Ce bilan démontre que la violence n'a pas fléchi pendant que les deux camps se rencontraient, sans toutefois en venir à une entente susceptible de mettre fin au conflit.

Ces données ont été dévoilées par l'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres. Son directeur, Rami Abdurrahman, affirme que ce bilan hebdomadaire correspond à la moyenne depuis le début des combats, il y a trois ans.

Le bilan comprend 430 civils tués par des bombes, des tireurs d'élite, des missiles et autres. Les autres victimes sont des insurgés ou des combattants loyaux au régime du président Bachar el-Assad.

Le conflit a déjà fait plus de 130 000 morts et déplacé le tiers des 23 millions d'habitants de la Syrie, dont deux millions qui ont trouvé refuge dans des pays voisins.

Par ailleurs. le médiateur onusien Lakhdar Brahimi a tenté vendredi de brosser un portrait positif de la première rencontre entre les différentes factions de la guerre civile syrienne. Il a ensuite proposé que les discussions reprennent le 10 février.

Les deux camps ont accepté de se rencontrer de nouveau, a-t-il dit aux journalistes. Le diplomate d'expérience a évoqué dix «zones communes» dans lesquelles on peut se permettre un brin d'optimisme.

«Les progrès sont effectivement très lents, mais les deux parties discutent de manière acceptable, a-t-il dit. C'est un début modeste à partir duquel nous pourrons aller de l'avant.»

«L'écart entre les deux camps demeure très important; il est inutile de prétendre le contraire. Néanmoins, pendant nos discussions, j'ai constaté un peu de territoire commun — peut-être plus que les deux parties ne le réalisent ou ne veulent l'admettre, a ajouté M. Brahimi. La situation s'est tellement envenimée qu'on ne s'en sortira pas en une seule nuit.»

M. Brahimi affirme que l'opposition est d'accord pour reprendre les pourparlers le 10 février. La partie gouvernementale aurait également accepté, mais elle souhaitait consulter Damas avant de confirmer sa présence.

L'opposition insiste pour discuter d'abord et avant tout de la mise en place d'un gouvernement de transition, tandis que la partie gouvernementale exige d'emblée la fin des violences. Les deux camps n'ont même pas réussi à s'entendre sur la livraison d'une aide humanitaire à la ville de Homs.

Un porte-parole de l'opposition, Louay Safi, a répété vendredi que la nomination d'un gouvernement transitoire est la seule manière d'aller de l'avant.

«Le régime ne souhaite clairement pas de solution politique, ils ne veulent pas progresser pour soulager la souffrance du peuple syrien, a-t-il dit. Nous ne resterons pas ici éternellement. Nous finirons pas déterminer si le régime veut discuter sérieusement ou non d'un transfert de pouvoirs.»

Environ 200 manifestants progouvernementaux s'étaient rassemblés vendredi devant le siège social de l'ONU, à Genève, pour témoigner de leurs appuis au régime Assad.