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31/01/2014 06:51 EST | Actualisé 02/04/2014 05:12 EDT

RCA: transformer la Misca en force de l'ONU n'est pas exclu mais prendra du temps (UA)

L'Union africaine (UA) n'exclut pas une transformation de la Misca, sa force déployée en Centrafrique, en force onusienne si la situation dégénérait, mais une telle éventualité prendra au moins six mois, a indiqué vendredi le commissaire africain à la Paix et la Sécurité.

"Si la situation évoluait plutôt négativement, on pourrait examiner cette possibilité" de passer le relais à une opération de maintien de la paix de l'ONU, a déclaré Smail Chergui à la presse, en marge du Sommet de l'UA à Addis Abeba.

"Une équipe des Nations unies procédera à une évaluation de la Misca, début février à Bangui. L'Union africaine y participera. Le principe a donc toujours existé", a-t-il rappelé.

"Mais pour transformer une telle force en force onusienne, il faut au moins six mois. Donc il ne sert à rien d'amoindrir les mérites de la Misca" dont environ 5.500 hommes - sur un effectif maximal autorisé de 6.000 - sont déployés en Centrafrique au côté de 1.600 soldats français de l'opération Sangaris, a-t-il souligné.

La résolution du Conseil de sécurité de l'ONU donnant mandat à la France pour intervenir en Centrafrique, le 5 décembre, envisageait déjà la transformation de la Misca en force de maintien de la paix de l'ONU, mais à condition que le Conseil donne son feu vert, une procédure qui prendra de longs mois.

A terme, l'ONU considère qu'il faudrait déployer plus de 10.000 Casques bleus pour sécuriser la RCA "car la situation est très, très grave et le pays immense", a déclaré mardi l'ambassadeur français aux Nations unies Gérard Araud.

L'ONU a par ailleurs autorisé mardi le déploiement en Centrafrique de 500 soldats européens qui doivent prêter main forte à la Misca et à la force Sangaris.

Une conférence des donateurs pour la Centrafrique se réunira samedi à Addis Abeba afin de lever des fonds en faveur de la Misca.

La Centrafrique a plongé dans le chaos depuis mars 2013, lorsqu'une rébellion à majorité musulmane a renversé le président François Bozizé, déclenchant une spirale de violences intercommunautaires dont les civils sont les premières victimes.

Le conflit a fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Le président de transition et ex-chef rebelle Michel Djotodia a démissionné le 10 janvier et une femme, Catherine Samba Panza, lui a succédé.

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