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31/01/2014 04:50 EST | Actualisé 02/04/2014 05:12 EDT

Le pdg de CBC/Radio-Canada estime que des «nuages sombres» pointent à l'horizon

MONTRÉAL - Parce que des «nuages sombres» pointent à l'horizon, le président-directeur général de CBC/Radio-Canada, Hubert Lacroix, croit qu'il sera obligé de prendre des «décisions difficiles» au cours des prochains mois.

M. Lacroix a envoyé une note interne à tous les employés, alors qu'une importante délégation du diffuseur public se prépare à quitter pour la Russie dans le cadre de la couverture des Jeux olympiques de Sotchi.

«J'admets que le moment n'est pas idéal (...), mais j'ai toujours cru que vous aviez le droit de savoir, et je vous ai toujours promis d'être aussi franc et direct que possible», écrit-il.

M. Lacroix fait référence à plusieurs facteurs, notamment un marché publicitaire faible, la perte du contrat de diffusion de la Ligue nationale de hockey ainsi qu'aux revenus publicitaires moins élevés que prévu pour Espace musique et CBC Radio 2.

Le pdg dit devoir agir de la sorte afin d'assurer la stabilité financière du diffuseur public, mais ne précise pas si cela se traduira par des suppressions de postes dans un avenir rapproché.

«Nous ne voulons pas revoir la taille du radiodiffuseur public tous les deux ans», souligne M. Lacroix dans sa note.

Il écrit que ces défis s'ajoutent aux réductions déjà prévues pour la dernière année de la mise en oeuvre du Plan d'action pour la réduction du déficit, annoncé en 2012.

Pour le Syndicat des communications de Radio-Canada (SCRC), qui représente 1700 membres au Québec et à Moncton, au Nouveau-Brunswick, M. Lacroix se contente d'énoncer des «demi-vérités» dans sa lettre.

«Ces décisions et ces orientations ne découlent pas de difficultés financières, mais de choix idéologiques que la haute direction veut nous imposer sans aucun débat public», estime son président, Alex Levasseur.

Il souligne que la sortie du pdg survient alors que la SCRC négocie pour le renouvellement du contrat de travail.

«Il (Hubert Lacroix) tente de nous convaincre que la situation du diffuseur public est précaire, ce qui ne convainc pas grand-monde, du moins à l'intérieur des murs de l'institution», affirme-t-il.

M. Levasseur rappelle que les syndiqués demandent au diffuseur public de mettre fin à l'iniquité qui existe entre les salaires versés aux employés du SCRC au Québec et à Moncton et ceux versés dans le reste du Canada.

«Cette iniquité sera plus concrète que jamais à Sotchi alors que les travailleurs de la CBC du reste du Canada côtoieront nos membres qui seront payés 6,85 pour cent en moyenne de moins qu'eux», clame le président du syndicat.

M. Levasseur reproche également à CBC/Radio-Canada de vouloir abaisser sa cotisation de 10 pour cent à la caisse de retraite de ses employés.

«En abaissant sa cotisation (...) et en augmentant la nôtre d'autant, la direction de la société propose de prendre 10 millions $ dans la poche des travailleurs pour alléger ses contributions du même montant», estime-t-il.

En novembre dernier, les membres du SCRC avaient rejeté la plus récente offre patronale dans une écrasante majorité de 94,5 pour cent.

Cette négociation a cours alors que se déroule en parallèle, devant le Conseil canadien des relations industrielles, un long processus touchant la fusion de quatre accréditations syndicales de Radio-Canada, demandée par la partie patronale.