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31/01/2014 10:35 EST | Actualisé 02/04/2014 05:12 EDT

Égypte: 13 militants ont été tués lors de frappes aériennes dans le Sinaï

EL-ARISH, Égypte - Des avions militaires égyptiens ont attaqué des repaires présumés de combattants inspirés par Al-Qaïda dans la péninsule du Sinaï, tuant 13 personnes, ont indiqué les autorités, vendredi, alors que les craintes enflent sur une insurrection à l'artillerie de plus en plus lourde qui frappe avec une fréquence accrue dans la capitale.

Dans la plus récente attaque, des explosifs sur une route en bordure du Caire ont frappé un camion de police.

Des hélicoptères de combat Apache ont tiré des missiles contre des maisons, des commerces et des véhicules utilisés comme repaires et points de rassemblement par les militants. Les explosions ont été entendues à plusieurs kilomètres de distance et de la fumée s'est élevée dans le ciel des villages ciblés.

Des frappes ont notamment eu lieu dans la ville de Sheikh Zouweyid, près de la frontière avec la bande de Gaza. Des témoins rapportent que des dizaines de missiles ont été tirés.

L'Égypte a intensifié son offensive militaire dans la région après que des militants aient abattu un hélicoptère plus tôt cette semaine, tuant les cinq membres d'équipage.

L'attentat a été revendiqué par le groupe Ansar Beit al-Maqdis, ou Champions de Jérusalem, qui est inspiré par Al-Qaïda.

Ansar multiplie les attaques depuis que le président islamiste Mohammed Morsi a été chassé du pouvoir. Un policier égyptien a ainsi été blessé, vendredi, par l'explosion d'une mine artisanale. Le groupe revendique aussi l'assassinat, plus tôt cette semaine, d'un général égyptien responsable des forces policières.

Le gouvernement intérimaire qui dirige le pays depuis la destitution de M. Morsi a fréquemment accusé le groupe dont il était issu, les Frères musulmans, d'être à l'origine de la violence, une accusation qui a été reprise vendredi par le porte-parole militaire Ahmed Mohammed Ali.

M. Ali a déclaré que les militants tués lors des frappes étaient «des éléments très dangereux loyaux au mouvement terroriste des Frères».

Au même moment, des manifestations de militants islamistes partisans du président écarté Mohammed Morsi ont alimenté davantage de violences, avec des affrontements dans plusieurs provinces.

Dans un district de l'est du Caire, une tentative par des activistes pro-Morsi de commémorer la mort de dizaines d'entre eux dans des affrontements il y a une semaine s'est transformée en nouveaux heurts avec la police et des civils favorables à l'armée, qui ont impliqué, selon les autorités, des tirs d'armes automatiques.

Des islamistes manifestent presque quotidiennement depuis des mois, réclamant le retour au pouvoir de Mohammed Morsi, et font l'objet d'une lourde répression ayant tué des centaines d'entre eux et mené aux arrestations de milliers d'autres depuis que le chef de l'armée Abdel-Fatah el-Sissi a chassé le président, le 3 juillet. Ces décès ont suscité un autre ton aux manifestations, avec des appels croissants à la vengeance.

«Les demandes dans les premiers mois après que Morsi eut été chassé du pouvoir étaient qu'il retrouve ses fonctions, a dit Hassan Farahat, l'un des manifestants à la place Naam. Mais après tous les massacres, la demande désormais est la vengeance et l'exécution d'el-Sissi.»

Des responsables militaires ont soutenu que des enquêtes ont déterminé que deux Égyptiens et quatre Palestiniens ont été impliqués dans l'attaque de l'hélicoptère. Les responsables ont parlé sous le couvert de l'anonymat car ils n'étaient pas autorisés à s'adresser aux médias. Les autorités accusent depuis longtemps des militants de Gaza d'implications dans les violences de la péninsule du Sinaï.