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31/01/2014 06:34 EST | Actualisé 02/04/2014 05:12 EDT

France: imbroglio autour d'un Français acquitté d'un meurtre et mis en cause par son ADN

Vingt-sept ans après le meurtre d'une femme dans l'est de la France, un homme acquitté par la justice se retrouve soudain mis en cause par un échantillon d'ADN alors que la loi française ne prévoit pas la possibilité d'un recours en révision.

Le 31 janvier 1987, le corps de Nelly Haderer, 22 ans, tuée de deux coups de carabine, est retrouvé découpé sur une décharge proche de Nancy. Un maçon longtemps suspecté, Jacques Maire, est acquitté définitivement en 2008.

Cette semaine cependant, des analyses ADN l'impliquent dans le crime, selon l'avocat de plusieurs parties civiles dans cette affaire, Me Pierre-André Babel. L'ADN du maçon figure sur une tache de sang retrouvée sur le jean de la victime.

Jeudi, Jacques Maire a une nouvelle fois clamé son innocence, en assurant n'avoir "rien à cacher". Ayant été définitivement acquitté, il ne peut plus être inquiété car la loi française ne ne prévoit pas que des victimes ou leurs familles puissent introduire un recours en révision.

"Moi aussi, je veux savoir qui est le coupable", a-t-il ajouté, rappelant qu'il avait fait 28 mois de prison dans cette affaire, et qu'il avait "toujours demandé" que l'on procède aux analyses ADN. Jacques Maire avait obtenu de la justice, en 2010, 200.000 euros d'indemnisation après plus de deux ans de détention "injustifiée".

Pour les frères de la victime, Bruno et Fabien Haderer, aucun doute n'existe. "Qu'il dise carrément que c'est lui, puisqu'il ne risque plus rien!", a demandé Fabien Haderer.

Pour sortir de l'imbroglio, un député de droite (opposition), Georges Fenech, a suggéré une modification des textes législatifs.

A l'opposé, l'avocate de Jacques Maire, Me Liliane Glock, a posé la question de la fiabilité des tests ADN. "L'ADN, depuis quelques décennies, apparaît comme la preuve absolue, mais la cuisine qui entoure ces opérations d'expertise peut laisser la place à des erreurs", a noté l'avocate.

L'information judiciaire concernant le meurtre de Nelly Haderer avait été rouverte en 2009 afin de procéder à des analyses génétiques. Une expertise ordonnée en 2011 avait mis en évidence un profil ADN masculin sur une tache de sang retrouvée sur la poche intérieure du jean de la jeune femme.

Sa famille avait demandé en septembre dernier la comparaison de ces traces ADN avec le profil de plusieurs suspects, parmi lesquels Jacques Maire.

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