NOUVELLES
31/01/2014 08:38 EST | Actualisé 02/04/2014 05:12 EDT

Des victimes des "bébés volés" déposent plainte au consulat d'Argentine à Madrid

Deux victimes du scandale des "bébés volés" en Espagne pendant le franquisme ont déposé leurs plaintes vendredi au consulat d'Argentine à Madrid qui les transmettra à la juge argentine Maria Servini de Cubria, chargée d'une enquête sur les crimes du franquisme.

"L'objectif est de remettre nos témoignages et toute la documentation pour que cela parvienne plus facilement au tribunal fédéral numéro un dont la titulaire est le juge Servini", a expliqué à l'AFP Soledad Luque, présidente de l'association "Tous les enfants volés sont aussi mes enfants".

Elle est venue accompagner deux plaignants, Maria Begoña Garcia Bernal, 47 ans, qui cherche ses deux frères disparus à leur naissance en 1962 à Madrid, ainsi qu'Antonio Iniesta Coria, 55 ans, dont le frère et la soeur sont présumés volés dans un hôpital de Valence en 1957.

Huit autres associations se sont également jointes à la plainte déposée en 2010 devant la justice argentine par les victimes de la répression franquiste, face aux classements des plaintes en Espagne.

"Nous représentons des centaines de familles qui sont à la recherche de leur bébé", affirme Soledad Luque.

"Nos cas sont complexes. Begoña par exemple apporte 24 documents", dit-elle, saluant l'Argentine car "le consulat a pris le temps d'écouter et d'examiner attentivement" les plaintes qui "ont été déposées auprès de la justice espagnole et qui ont été classées".

Selon les associations, jusqu'à 300.000 bébés pourraient avoir été volés pendant la dictature du général Francisco Franco (1939-1975) et après, aucune loi espagnole n'ayant encadré les adoptions avant 1987.

Sous le franquisme, ces bébés étaient enlevés à leurs mères républicaines en vertu d'un décret de 1940 qui permettait au régime de s'emparer des nouveaux nés s'il estimait que leur future "éducation morale" était en danger.

Dans les premières années de la démocratie, le trafic d'enfants s'est poursuivi, dont la vente de bébés, parfois dans des cliniques gérées par des institutions catholiques.

L'Argentine a décidé en septembre d'ouvrir ses consulats dans le monde entier pour recevoir les plaintes des victimes du franquisme dans le cadre d'une enquête ouverte, au nom du principe de justice universelle, pour génocide et crimes contre l'humanité.

Depuis, "quasiment chaque semaine, des plaintes sont déposées au consulat de Madrid" principalement "pour des personnes fusillées, des fosses communes, et des tortures", explique Manuela Bergegot, de la coordination espagnole de soutien à la plainte argentine (Ceaqua).

acc/ib/sg/ih