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31/01/2014 01:23 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

Crise en Ukraine : la situation s'enlise, le désarroi grandit

La crise sans précédent qui secoue l'Ukraine depuis deux mois ne semble pas en voie de se résorber, malgré l'adoption par la présidence d'une loi qui amnistie partiellement les opposants.

Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a assorti son amnistie de l'obligation, pour les manifestants, de libérer les lieux publics d'ici deux semaines, ce qui a soulevé la fureur des opposants massés dans les rues de Kiev. Un groupe d'opposants radicaux, Pravy Sektor, qui réclame la libération d'opposants incarcérés et la reprise des négociations avec le pouvoir, menace même de revenir à des actions violentes.

Le président Ianoukovitch a aussi abrogé la loi qui limitait le droit de manifester. Mais ces concessions sont qualifiées d'insuffisantes par les États-Unis. Le secrétaire d'État, John Kerry, qui se trouve en visite à Berlin, a déclaré que les offres du président Ianoukovitch « n'ont, pour l'instant, pas atteint un niveau qui serait suffisant en ce qui concerne les réformes ».

L'armée ukrainienne a quant à elle rompu son silence pour réclamer, par voie de communiqué du président Ianoukovitch, l'instauration de mesures d'urgence pour « stabiliser la situation dans le pays ». Les militaires soulignent que l'escalade de la contestation « menace l'intégrité territoriale » de l'Ukraine.

Au plan humanitaire, les inquiétudes relativement à la disparition d'opposants ont poussé le Bureau des droits de l'homme des Nations Unies à réclamer la tenue d'une enquête indépendante. Une ONG parle d'une trentaine de disparitions.

Un militant antigouvernemental, qui était disparu depuis une semaine, a été torturé puis abandonné par ses ravisseurs dans une forêt. Cet homme a témoigné publiquement de ce qu'il avait subi, ce qui a suscité beaucoup d'émotion et de crainte de répression dans le pays.

La profonde crise politique dans laquelle l'Ukraine s'enfonce a commencé il y a plus de deux mois lorsque le gouvernement du président Ianoukovitch a annoncé qu'il refusait de signer un accord d'association économique avec l'Union européenne sous la pression de Moscou qui a promis en échange de renflouer les finances du pays.

Les manifestants réclament notamment des élections anticipées et la libération de l'ex-première ministre et opposante Ioulia Timochenko emprisonnée en octobre 2011.