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31/01/2014 11:36 EST | Actualisé 02/04/2014 05:12 EDT

Centrafrique: l'armée survole Sibut, occupée par des ex-Séléka

Deux avions de chasse et deux hélicoptères français survolaient vendredi la ville de Sibut, à 180 km de Bangui, tenue par des combattants de l'ex-rébellion Séléka et désertée par ses habitants.

"Deux avions et deux hélicoptères survolent la ville depuis 15H00" (14H00 GMT), a affirmé à l'AFP un habitant de la ville joint par téléphone, précisant que des soldats de la force de l'Union africaine, la Misca, étaient "arrivés à l'entrée de la ville depuis 14H00" (13H00 GMT).

Les habitants de Sibut ont fui leur domicile ces derniers jours devant l'arrivée de combattants de l'ex-rébellion Séléka, qui tiennent désormais la ville.

"99% de la population a quitté Sibut, ils sont dans la brousse", a expliqué à l'AFP sous couvert d'anonymat ce même habitant, précisant que les ex-rebelles, "une centaine", étaient arrivés de "différents endroits de province pour se regrouper".

"Les seuls véhicules qui circulent sont ceux des Séléka ou de la Croix-rouge", a-t-il ajouté.

Les militaires gabonais de la Misca présents à Sibut avaient "rapidement quitté la ville" face à l'avancée des combattants Séléka, selon la même source.

Dans cette ville située sur l'axe nord menant à Bangui, les combattants musulmans, qui ne s'expriment qu'en arabe, ont commis mercredi des exactions contre les populations civiles, a déclaré, sous couvert d'anonymat, une source de la gendarmerie centrafricaine jeudi.

La colonne est commandée par Mamadou Rakis, ancien directeur général adjoint de la police centrafricaine de l'ex-président Michel Djotodia, selon cette source.

De source diplomatique jeudi, "il y a eu une redistribution des cartes au sein de la Séléka" depuis la démission contrainte le 10 janvier de son chef Michel Djotodia, puis le départ de certains officiers vers le Tchad et le cantonnement des combattants à Bangui ces derniers jours.

D'après cette source, la colonne entrée à Sibut est composée de soldats en déshérence.

En début de semaine, les ex-Séléka, qui avaient porté l'ancien président Michel Djotodia au pouvoir en mars 2013, ont été évacués des divers camps qu'ils occupaient dans Bangui et regroupés au camp "RDOT", situé à la sortie nord de la capitale. Toutefois nombre d'entre eux ont préféré fuir avec armes et bagages, sillonant désormais les routes de province sans aucun contrôle.

D'autres villes du pays ont été désertées par leurs habitants, comme Bocaranga (nord-ouest), "une ville fantôme, vide, détruite, pillée. C'est effrayant" témoigne Delphine Chedorge, coordinatrice d'urgence pour MSF. "Les contacts que nous avons en province nous font part de violences extrêmes et de déplacements de population. La population est terrorisée".

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