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31/01/2014 12:11 EST | Actualisé 02/04/2014 05:12 EDT

Centrafrique: au moins 30 blessés depuis trois jours, affirme la Croix-Rouge

BANGUI, République centrafricaine - La capitale de la République centrafricaine est en proie à une vague de violence sans précédent, a prévenu vendredi la Croix-Rouge, et au moins 30 personnes ont été tuées à Bangui au cours des trois derniers jours.

Lors d'un incident survenu cette semaine, un homme a été massacré à la machette pendant que des soldats français assistaient à la scène en attendant des instructions de leurs supérieurs. L'homme était déjà mort quand ils ont finalement tiré des coups de semonce, dix minutes plus tard.

Les violences ciblent surtout les civils musulmans qui sont soupçonnés d'avoir appuyé les rebelles qui ont renversé le gouvernement en mars 2013, ouvrant la porte à des mois de violence contre la majorité chrétienne.

Maintenant que l'ancien leader rebelle qui s'était approprié la présidence a quitté le pouvoir et que les insurgés sont sortis de la capitale, les civils musulmans sont de plus en plus vulnérables à des attaques.

«La violence atteint des niveaux sans précédent depuis quelques semaines, a dit Nadia Dibsy, une porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge à Bangui. Nous demandons aux forces régionales de mettre fin à la violence et d'assurer la sécurité de la population.»

Le président de la Croix-Rouge locale, Antoine Mbao-Bogo, ajoute qu'au moins 30 corps ont été retrouvés depuis trois jours. Ce bilan n'inclut pas les victimes qui ont été enterrées par leurs proches.

Près de 5000 soldats africains et 1600 soldats français sont déployés en République centrafricaine pour tenter de rétablir la sécurité. La plupart d'entre eux se trouvent toutefois dans la capitale, tandis que les violences se multiplient dans le nord-est reculé.

Des groupes de défense des droits de la personne demandent aux militaires de se rendre dans ces communautés où les milices se regroupent et frappent.

Des tirs nourris ont de nouveau été entendus vendredi à Bangui, où des résidants rapportent des affrontements entre des combattants rebelles et des miliciens chrétiens.

On s'inquiétait aussi, vendredi, des intentions de centaines de rebelles qui ont été escorté hors de la capitale plus tôt cette semaine. Il semblerait que ces rebelles se sont rassemblés dans la ville de Sibut, à 180 kilomètres de la capitale. Le général rebelle Mahamat Bahr affirme contrôler la ville depuis jeudi et prétend vouloir collaborer avec le gouvernement transitoire.

«Nous attendons une solution pour nous, a-t-il dit. Si le gouvernement transitoire nous appelle, nous pourrons discuter de notre rôle.»

Plusieurs des hommes présents à Sibut seraient des mercenaires arabophones issus du Tchad et du Soudan.