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31/01/2014 05:18 EST | Actualisé 02/04/2014 05:12 EDT

Bridgegate: le républicain Chris Christie directement montré du doigt

Le républicain Chris Christie, pressenti pour la présidentielle américaine de 2016, était au courant de la fermeture des voies du Pont George Washington, a affirmé vendredi un avocat, partie prenante dans le scandale qui menace désormais les ambitions de M. Christie.

Le bureau du gouverneur du New Jersey a rejeté ces affirmations dans la soirée, mais elle sont venues raviver un scandale qui ternit un peu plus à chaque révélation l'image d'un gouverneur jusque-là extrêmement populaire.

M. Christie avait affirmé le 9 janvier ne pas avoir été mis au courant de cette fermeture des voies d'accès au pont, une artère vitale reliant le New Jersey à New York. Elle avait apparemment été décidée par son entourage pour se venger d'un maire démocrate refusant de soutenir sa campagne de réélection comme gouverneur l'été dernier, et avait provoqué des embouteillages monstres.

L'ordre de fermer les voies était "un ordre de l'administration Christie", et "des éléments existent également, liant M. Christie à la connaissance de la fermeture des voies, quand elles étaient fermées, contrairement à ce que le gouverneur a dit publiquement dans une conférence de presse de deux heures", a écrit Alan Zegas, l'avocat de David Wildstein, accusé d'avoir ordonné la fermeture des voies.

Dans cette lettre dont l'intégralité a été publiée par le New York Times et le Wall Street journal, l'avocat affirme aussi que son client, qui a démissionné en décembre, "conteste certaines déclarations le concernant, faites par M. Christie, et peut prouver l'inexactitude de certaines d'entre elles".

Dans un communiqué aux mots soigneusement pesés, le bureau de M. Christie a estimé vendredi soir que la lettre de M. Zegas "confirm(ait) ce que le gouverneur a toujours dit - il n'était absolument pas au courant de la fermeture des voies avant qu'elle ne survienne, et (ignorait aussi) les motivations de M. Wildstein pour les fermer".

M. Wildstein, ami de lycée de M. Christie, avait été nommé en 2010 par ce dernier à l'Autorité portuaire de New York et du New Jersey, qui contrôle les ponts. C'est à lui que la chef-adjointe de cabinet de M. Christie avait envoyé un mail en août dernier affirmant: "C'est le moment pour des problèmes de circulation à Fort Lee".

"Compris", avait-il répondu.

Mme Kelly a été licenciée le 9 janvier par M. Christie.

"Je ne savais pas, je n'ai été aucunement impliqué", avait insisté le gouverneur, lors de sa longue conférence de presse ce jour-là, en dénonçant un comportement d'une "stupidité abjecte", et en s'excusant abondamment.

M. Wildstein avait le même jour été cité à comparaître dans l'enquête ouverte sur la fermeture des voies d'accès au pont, par une commission de l'Assemblée du New Jersey. Il avait refusé de répondre aux questions, évoquant son droit constitutionnel à rester silencieux.

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