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31/01/2014 12:56 EST | Actualisé 02/04/2014 05:12 EDT

Afrique du Sud/platine: les négociations reprendront samedi

Les négociations entre les mineurs de platine sud-africains en grève pour leurs salaires et le patronat reprendront samedi matin, a indiqué le trésorier du syndicat Amcu après une longue journée de pourparlers vendredi à Pretoria.

"Les négociations se poursuivent. Il n'y a rien de tangible à ce stade (...). Nous nous réunirons à nouveau demain (samedi) à 10H30 (08H30 GMT) pour continuer le processus de négociations", a indiqué Jimmy Gama à des journalistes.

"Peut-être que demain il y aura des progrès. Si pas demain, alors dimanche. (...) A ce stade, il n'y a rien à dire", a-t-il ajouté.

"Les négociations sont à un stade avancé", a cependant précisé le syndicaliste. "Les parties prenantes sont prêtes à négocier. Toutes les parties sont disposées à essayer de parvenir à un règlement par tous les moyens."

La grande majorité des mineurs de la "ceinture de platine" sud-africaine autour de Rustenburg (nord) sont en grève depuis le 23 janvier, à l'appel d'Amcu, chez les trois principaux producteurs de platine mondiaux, Anglo American Platinum (Amplats), Impala Platinum (Implats) et Lonmin.

Vendredi matin, Jimmy Gama avait indiqué que le mouvement pourrait "durer un mois" si les mineurs n'obtenaient pas d'avancée sur leur revendication de base, l'instauration d'un salaire mensuel de base de 12.500 rands (820 euros).

Il n'avait cependant pas exclu que les mineurs puissent accepter de signer un accord étalé sur trois ans. "Ils le prendraient en considération", a-t-il dit.

Mais les grévistes ont rejeté celui présenté mercredi, qui prévoyait 7,5% à 9% de hausse la première année. Pour les mineurs au plus bas de l'échelon, cette proposition faisait passer leur salaire de 5.000 à 5.400 rands, "6.000 et quelques" au bout de trois ans, a-t-il calculé, ce qui reste loin des 12.500 rands revendiqués.

Pour les employeurs, un accord sur trois ans aurait l'avantage de les mettre à l'abri d'une nouvelle grève pendant toute la période. "Si on signe pour trois ans, il faut attendre jusque là et jusqu'à ce que ça expire pour faire de nouveau grève", a expliqué M. Gama.

La partie patronale n'a fait aucune déclaration.

En 2012, une grève sauvage dans la mine de Marikana, exploitée par Lonmin, avait tourné au désastre lorsque la police avait ouvert le feu et tué 34 grévistes. Le mouvement s'était étendu aux autres sites et s'était éternisé des mois dans tout le secteur minier, affectant durement l'économie et l'image du pays.

Légale et pacifique, à l'exception de quelques incidents isolés, cette nouvelle grève mobilise environ 80.000 mineurs. Elle ne devrait pas faire tache d'huile dans les mines d'or: une décision de justice a interdit jeudi à Amcu de lancer une grève dans ce secteur.

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