NOUVELLES
30/01/2014 02:06 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

Ukraine: François Hollande appelle à "la plus grande vigilance"

Le président français François Hollande a jugé jeudi que la situation en Ukraine "est grave" et qu'elle appelle à "la plus grande vigilance", à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre polonais, Donald Tusk.

"Ce qui peut se produire dans les prochaines heures, dans les prochains jours, c'est une confrontation et des violences et nous devons tout faire pour rétablir le dialogue et favoriser l'apaisement", a ajouté le président français devant la presse.

Relevant le déplacement à Kiev de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, François Hollande a souligné qu'il y avait "néanmoins" des conditions "pour favoriser ce dialogue et ce rapprochement".

"Le pouvoir ukrainien doit cesser (...) toute répression, dès lors que les manifestations sont elles-mêmes pacifiques", a fait valoir le président Hollande.

Il a également rappelé que l'accord d'association avec l'Union européenne était "toujours la proposition que l'Union européenne fait à l'Ukraine, qui doit espérer dans l'Europe".

"Dans l'immédiat, l'UE doit parler d'une seule voix et des initiatives seront prises et (l'Union propose) sa médiation pour que le pouvoir ukrainien et l'opposition puissent trouver une solution", a-t-il poursuivi.

L'Union européenne doit aussi, "dans cette période si difficile (...) aider l'Ukraine à redresser son économie", a conclu François Hollande.

"La tâche principale aujourd'hui, et nous en avons parlé (avec François Hollande), c'est d'éviter le scénario noir, le scénario dramatique, et nous voyons toujours une chance d'éviter ce scénario", a déclaré pour sa part le Premier ministre polonais.

"Nous devons aider l'Ukraine à ce qu'elle puisse prendre des décisions souveraines et à ce que ces décisions soient prises à Kiev", a-t-il ajouté dans une allusion apparente à la Russie.

Mais en même temps, il faut aider l'Ukraine "pour qu'elle puisse entreprendre le chemin vers ces réformes, vers les critères européens", a dit M. Tusk.

"La condition de base (pour une aide européenne) est de ne pas avoir recours à la violence" et ensuite il faut "un accord entre les élites ukraniennes, celles au pouvoir et celles qui organisent les manifestations", a-t-il ajouté.

En Ukraine, le pouvoir et l'opposition se sont mutuellement accusés jeudi d'être responsables de la poursuite de la crise en Ukraine, où la "maladie" annoncée du président Viktor Ianoukovitch ajoutait encore à la confusion.

Le chef de l'Etat ukrainien, confronté depuis deux mois à un mouvement de contestation sans précédent qui a abouti mardi à la démission de son gouvernement, et aux pressions croisées de la Russie et de l'Union européenne, a été déclaré jeudi matin indisponible par son service de presse en raison d'une "maladie respiratoire aiguë".

pg/jba/blb/ih