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30/01/2014 07:54 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

Ukraine : un président malade, des manifestants résolus

Les manifestants ukrainiens liés à l'opposition ont refusé jeudi de quitter les barricades érigées au coeur de Kiev, malgré la loi d'amnistie, assortie de conditions, adoptée mercredi soir par le Parlement. Pendant ce temps, le président Viktor Ianoukovitch annonce qu'il s'absente de son poste pour maladie, et ce, pour une durée indéterminée.

Viktor Ianoukovitch affirme qu'il souffre d'une « maladie respiratoire aiguë » et de « forte fièvre ». Ce départ en congé de maladie ajoute à la débâcle du pouvoir ukrainien. Rappelons que le premier ministre, Mykola Azarov, et son gouvernement ont démissionné mardi.

Après avoir annoncé le retrait de ses fonctions jeudi matin, Ianoukovitch a tout de même fait entendre sa voix sur le site Internet de la présidence, accusant l'opposition de « continuer à envenimer la situation », mais reconnaissant du même souffle « ces erreurs que font tous les pouvoirs ».

« L'opposition continue d'envenimer la situation, appelle les gens à se tenir debout dans le froid glacial, tout ça en raison des ambitions politiques de quelques-uns de ses dirigeants », a-t-il écrit.

« Faisons tout [pour rétablir] la paix et le calme, pour qu'il y ait une vie normale dans le pays. [...] Seul celui qui ne fait rien ne fait pas d'erreurs », a-t-il ajouté.

Le président Ianoukovitch est confronté depuis fin novembre à un mouvement de contestation sans précédent, ayant renoncé à signer un accord d'association en préparation depuis des années avec l'Union européenne, pour se tourner vers la Russie, moyennant une ligne de crédit de 15 milliards de dollars et la baisse du prix du gaz.

Des concessions contre d'autres concessions

Mercredi soir, le Parlement ukrainien, dominé par les partisans du président, a voté une amnistie pour les manifestants arrêtés lors des manifestations des dernières semaines, à condition que les protestataires évacuent les bâtiments publics qu'ils occupent à Kiev et dans les régions.

Cette amnistie était une des principales revendications de l'opposition, qui juge toutefois que les conditions demandées sont inacceptables et les considère comme une manoeuvre du président pour briser le mouvement de contestation.

« J'ai le sentiment que cet homme [le président] veut nous arnaquer et essaie seulement de gagner du temps. Mais nous n'allons pas le laisser faire », a déclaré un des chefs de l'opposition, l'ancien champion de boxe Vitali Klitschko.

M. Klitschko dit qu'avant tout retrait des contestataires, Viktor Ianoukovitch doit signer l'abrogation, votée par le Parlement mardi, des lois répressives qui réprimaient presque toute forme de manifestation.

Ashton appelle à un « vrai dialogue »

En déplacement en Ukraine mercredi, la représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a appelé à un « vrai dialogue » entre le pouvoir et les contestataires et à un arrêt de la « violence » et des « intimidations », « d'où qu'elles viennent ».

Berlin a aussi indiqué que la chancelière allemande, Angela Merkel, avait demandé au président russe, Vladimir Poutine, d'aider à favoriser le dialogue en Ukraine.

La Russie, qui dénonce les ingérences européennes en Ukraine, a de son côté déclaré qu'elle allait « attendre la formation du nouveau gouvernement » avant de mettre en oeuvre sa promesse d'aide de 15 milliards de dollars.