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30/01/2014 11:21 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

Sursis pour la famille Zamudio de Saint-Jérôme

La famille Zamudio, de Saint-Jérôme, pousse un soupir de soulagement. Elle pourra rester au Canada pendant encore quelques mois, le temps que la décision de la renvoyer ne soit revue par un tribunal fédéral.

Un texte de Francis Labbé Twitter Courriel

Comme nous le rapportions le 17 janvier dernier, la famille Zamudio s'était vue refuser le statut de réfugiée, malgré des menaces de mort proférées contre elle au Mexique. La Commission de l'immigration avait dit croire les Zamudio et les considérait comme des témoins « crédibles », mais affirmait que la famille pourrait vivre de façon sécuritaire dans d'autres régions du Mexique.

Cette conclusion avait été critiquée par les experts que nous avions consultés, notamment l'avocat spécialisé en droit de l'immigration Stéphane Handfield et le chercheur Pierre Beaucage, de l'Université de Montréal.

Contestation

L'avocat de la famille Zamudio, le quatrième qui les représente depuis juillet 2010, a décidé de contester cette décision devant la Cour fédérale.

« Nous pensons qu'il y a une erreur de droit quand on nous dit que la famille est effectivement menacée de mort, mais qu'elle peut quand même vivre au Mexique », affirme Me Stewart Istvanffy. « Je suis sûr que nous pourrons convaincre le juge d'infirmer la décision de la Commission et d'exiger la réouverture du dossier. »

Les Zamudio et leur avocat devront se présenter devant la Cour fédérale le 28 avril prochain. Le juge pourra décider de maintenir ou non la décision de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié. S'il l'infirme, la Commission devra tenir une nouvelle audience.

Soulagement

« On a gagné trois mois. On respire plus facilement », a confié Gaspar Serrano, le mari de Luz Maria Zamudio. « On espère que le gouvernement reconnaîtra nos preuves et nous acceptera comme réfugiés. Je suis très positif. »

« Un gros merci aux gens qui nous supportent », insiste Gaspar Serrano. « Quand tout sera terminé et que nous saurons que nous restons ici pour de bon, nous ferons une grande fête et nous inviterons tous ceux qui nous ont appuyés! »

À Saint-Jérôme, des parents qui font garder leurs enfants chez les Zamudio ont amorcé une mobilisation en décembre dernier. Ils ont tenu un rassemblement pour soutenir les Zamudio, ainsi qu'une campagne de lettre à l'intention du ministre de la Sécurité publique du Canada, Steven Blaney, pour qu'il intervienne.

« Il ne faut pas cesser la mobilisation », rajoute Stewart Istvanffy. « Personnellement, j'ai davantage confiance en la mobilisation populaire qu'envers un juge de la Cour fédérale. »