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30/01/2014 03:54 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

Sommet Hollande/Cameron vendredi consacré à la Défense

Le président François Hollande et le chef du gouvernement David Cameron se retrouvent vendredi sur une base aérienne proche d'Oxford, pour un sommet franco-britannique dominé par les questions de défense, un sujet consensuel entre les deux pays, souvent opposés sur le terrain européen.

Il s'agit du premier sommet bilatéral entre le président français et le Premier ministre britannique depuis l'accession de M. Hollande au pouvoir en mai 2012.

Après des démonstrations de matériels militaires sur la base aérienne de Brize-Norton, située à 105 km au nord-ouest de Londres, MM. Hollande et Cameron, qui seront accompagnés notamment de leurs ministres des Affaires étrangères et de la Défense, auront, en cinq heures : un entretien en tête à tête, suivi de la signature d'accords, d'une conférence de presse conjointe et d'un déjeuner de travail.

Dans la ligne des accords franco-britanniques de défense de Lancaster House (novembre 2010), les deux dirigeants doivent poursuivre le renforcement de la coopération dans ce domaine. Nous allons franchir "de nouvelles étapes importantes", a-t-on indiqué côté français.

En substance, de gros projets déjà lancés devraient être précisés à travers des lettres d'intentions, concernant la construction d'un missile anti-navire léger (ANL), celle d'un drône de combat franco-britannique, et aussi un programme commun de véhicules sous-marins détecteurs de mines.

La force interarmées franco-britannique de 10.000 militaires prévue pour être opérationnelle en 2016 et la coopération pour la sécurité et le contre terrorisme seront aussi au programme.

Une fois n'est pas coutume, les journalistes français couvrant la rencontre arriveront à bord de l'avion de transport militaire A400M, fleuron de l'avionneur européen Airbus, sur la base de Brize-Norton.

"Une symbolique forte", souligne l'Elysée, puisque c'est depuis ce lieu que décollent les avions britanniques engagés dans les opérations de transport militaire au Mali et en Centrafrique.

Le sommet sera aussi l'occasion de réaffirmer la coopération franco-britannique dans les secteurs de l'énergie et l'espace. Des accords de sous-traitance seront ainsi conclus, dans le cadre du contrat pour la construction de deux réacteurs de nouvelle génération EPR, à Hinkley Point.

"l'accident toujours possible"

Des collaborations seront en outre formalisées entre le Cnes (Centre national d'étude spatiale) et la UK Space Agency pour des satellites météorologiques.

Sur le plan international, France et Royaume-Uni devraient afficher "un accord profond" en particulier sur les dossiers syrien, iranien et africain.

Sur l'Europe, en revanche, pomme de discorde permanente entre les deux pays, les discussions pourraient être moins fluides.

En s'engageant à organiser, s'il est réélu en 2015, un référendum d'ici la fin 2017 sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE, David Cameron a ouvert dans son propre pays "un débat permanent qui l'amène à chaque fois à donner des gages à la partie la plus sceptique de son parti", et à prendre "des positions de plus en plus dures", note un conseiller diplomatique.

Dans ce contexte, "l'accident est toujours possible", relève-t-il. "Ce n'est dans l'intérêt de personne, notre intérêt général, c'est que le Royaume-Uni reste en Europe, mais cela ne peut pas se faire au prix du démantèlement de l'Europe", ajoute-t-on.

La France juge en particulier "très nocif" le programme de "dérégulation" préconisé par la Grande-Bretagne pour simplifier et alléger la lourde administration européenne et sa volonté de remettre en cause les traités.

Quant aux propos anti-français régulièrement tenus outre-manche y compris récemment, "si nous devions prendre la décision de tenir ou non ce type de sommets en fonction des déclarations de certains responsables à Londres, il n'y aurait jamais de sommets, donc il ne faut pas s'arrêter là", affirme un conseiller à l'Elysée.

"On doit le prendre avec sang froid" même si "ça ne signifie pas que ce soit justifié ou agréable", ajoute-t-il, soulignant que côté français, il n'y a "pas de british-bashing"

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