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30/01/2014 12:32 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

RDC: l'ONU soutient ses experts malgré les critiques de Kigali

Le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé jeudi le mandat de ses experts chargés de contrôler l'application des sanctions envers la République démocratique du Congo (RDC), malgré de vives critiques de Kigali.

Le rapport annuel des experts accuse une nouvelle fois le Rwanda et l'Ouganda de coopérer avec les rebelles congolais du mouvement M23. Il fait état "d'informations crédibles selon lesquelles des dirigeants du M23 sanctionnés (par l'ONU) se déplacent librement en Ouganda et le M23 continue de recruter au Rwanda".

Dans une résolution adoptée jeudi à l'unanimité -- y compris par le Rwanda -- le Conseil prolonge pour un an le mandat du groupe d'experts indépendants, "prend note" de leur rapport et leur exprime son "plein appui", mais sans reprendre leurs accusations directes contre Kigali et Kampala.

Il se contente de "renouveler sa ferme condamnation de tout appui intérieur ou extérieur apporté aux groupes armés opérant" dans l'est de la RDC. En revanche, il exprime sa "profonde préoccupation" devant les accusations -- notées par les experts dans leur rapport -- de collaboration entre l'armée régulière congolaise (FARDC) et les rebelles rwandais des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda, qui comptent dans leurs rangs des auteurs du génocide rwandais de 1994).

Le débat au Conseil a donné lieu à une vive passe d'armes entre l'ambassadeur rwandais à l'ONU Eugène-Richard Gasana et le représentant de la RDC, Ignace Gata Mavita. M. Gasana a une nouvelle fois rejeté les conclusions des experts "qui manquent d'objectivité, de transparence et de preuves matérielles". Il a exigé qu'ils se conduisent dorénavant "de manière plus impartiale et professionnelle, au bénéfice de la paix internationale".

L'ambassadeur congolais a accusé Rwanda et Ouganda de "persister sans gêne dans la déstabilisation de l'est de la RDC" et a parlé de "prétendue collaboration" entre FARDC et FDLR. Pour M. Gasana, le Rwanda a au contraire "tout fait pour aider à stabiliser" la RDC, qu'il a accusée aussi de faire preuve d'une "pure ingratitude" envers le président ougandais Yoweri Museveni.

Par ailleurs, la résolution adoptée mentionne "l'exploitation illégale des ressources naturelles, y compris le braconnage et le trafic d'espèces sauvages" comme un des principaux facteurs qui alimentent les conflits dans la région des Grands lacs. Dans un communiqué, le Fonds mondial pour la nature (WWF) s'est félicité de voir désormais braconniers et trafiquants "être la cible de sanctions (de l'ONU) quand les revenus de leurs activités ont été utilisés pour financer un conflit".

avz/rap