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30/01/2014 06:12 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

Montréal veut connaître le nombre d'itinérants qui vivent dans la ville

L'administration Coderre prévoit entreprendre cette année une opération de dénombrement des personnes itinérantes à Montréal. Une partie du million de dollars supplémentaire annoncé dans le budget mercredi pour l'aide aux itinérants y sera consacré.

Le Regroupement d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, le RAPSIM, se réjouit de la volonté d'agir du nouveau maire, mais doute de l'utilité d'une telle opération.

La responsable du développement social au comité exécutif, Monique Vallée, constate que le portrait de l'itinérance dans la métropole a beaucoup changé depuis la dernière tentative de recensement des itinérants, en 1998. Selon elle, il faut un portrait plus précis de la situation :

« Il y a des femmes maintenant, beaucoup de personnes âgées parce que la population vieillit, dans la rue on vieillit encore plus vite. Il y a des Inuit, les autochtones, les immigrants, ça s'ajoute », dit-elle.

Le coordonnateur du RAPSIM, Pierre Gaudreau, n'est pas du même avis et signale que le gouvernement du Québec prépare actuellement un portrait plus général de l'itinérance. Il déplore que la Ville veuille consacrer des ressources au dénombrement :

« L'itinérance est en mouvement, alors on ne peut pas avoir le 15 février ou le 15 octobre un portrait juste, On va avoir un chiffre, mais les gens qu'on voit dans la rue au quotidien, ils n'y sont pas à longueur d'année dans bien des cas. Je pense qu'on devrait investir davantage dans les gens qui sont dans la rue, dans les ressources », 

Mais Monique Vallée croit que le dénombrement des itinérants n'exclut pas de s'occuper d'eux. Elle veut aussi que les itinérants avec des problèmes de santé mentale soient vus davantage par des intervenants sociaux que des policiers pour éviter des incidents comme celui qui s'est produit récemment à la station de métro Jean-Talon :

« C'est là que les ressources qui manquent devraient intervenir, c'est des cas particuliers, c'est des gens en crise. C'est pas n'importe qui et je ne blâme pas personne, mais c'est sûr que les policiers font leur possible. Ils collaborent beaucoup avec nous », dit-elle.

L'administration Coderre prévoit présenter son plan d'action en matière d'itinérance dans les prochains mois.

Avec les informations de Benoît Chapdelaine