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30/01/2014 09:02 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

Le Festival de BD d'Angoulême s'ouvre dans un climat de controverse

Le Festival international de la bande dessinée d'Angoulême (FIBD), l'une des plus importantes manifestations internationales consacrées au genre, s'est ouvert jeudi dans un climat tendu.

Chaque année, lors de la clôture du festival, le Grand Prix de la ville d'Angoulême récompense un auteur, francophone ou non, pour sa contribution à la bande dessinée.

Mais à la mi-janvier, 16 anciens Grands Prix, soit plus de la moitié du jury de l'Académie du Grand Prix, qui devaient participer au choix du lauréat 2014, ont décidé de boycotter le vote pour protester contre les changements apportés au scrutin. Parmi eux, de grands noms du neuvième art comme Enki Bilal, François Schuiten ou encore Frank Margerin. 

Auparavant, ils avaient carte blanche pour élire un auteur de leur choix. Mais en 2013, les organisateurs ont entamé une réforme du scrutin visant à diminuer le pouvoir de décision des membres de l'Académie.

Dans un premier temps, c'est une sélection, issue du vote des auteurs invités au festival, qui leur a été soumise. Cette année, les organisateurs ont voulu aller encore plus loin, en pondérant le vote du jury avec celui de tous les auteurs accrédités au festival et en leur imposant une présélection de candidats au titre. 

Une « usine à gaz » selon les abstentionnistes qui ont vu d'un mauvais oeil cette démocratisation du vote. Le quotidien Libération y voit plutôt une façon de renouveler le palmarès, longtemps dominé par la BD franco-belge.

À preuve, l'an passé, année du début de la mise en place des changements, c'est le Néerlandais Willem qui l'a emporté et, cette année, les trois finalistes sont l'Américain Bill Watterson (Calvin & Hobbes), le Japonais Katsuhiro Otomo (Akira) et le Britannique Alan Moore (Watchmen).

Mais comme si cela ne suffisait pas, le site ActuaBD a publié cette semaine une lettre ouverte dénonçant les problèmes de gestion du festival et sommant la ministre de la Culture française d'intervenir. 

Car malgré sa popularité (la manifestation a attireé 200 000 festivaliers l'an passé), le FIBD, demeure, selon Le Figaro, dans une « précarité perpétuelle » qui, chaque année, fait craindre pour la tenue de l'événement. 

Avec Le Figaro, ActuaLitté et Libération.