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30/01/2014 05:31 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

France: poursuite des auditions des adolescents apprentis jihadistes en Syrie

Les auditions des deux adolescents candidats au jihad en Syrie ont repris jeudi matin à Toulouse, dans le sud-ouest de la France, sans que l'on sache encore s'il s'agit d'un simple debriefing ou du prélude à des poursuites judiciaires.

Les adolescents de 15 et 16 ans sont entendus sous le régime de la garde à vue, c'est-à-dire sous contrainte, par les enquêteurs qui souhaitent élucider leur processus d'autoradicalisation et les soutiens dont ils auraient pu bénéficier.

Leur garde à vue, commencée mercredi matin, ne devrait pas excéder 48 heures. Pour le plus âgé des deux, elle ne pourrait être étendue qu'en cas de circonstances exceptionnelles qui ne semblent pas devoir être retenues, a indiqué une source proche du dossier.

A l'issue de leurs auditions, il reviendra au parquet antiterroriste de Paris, chargé d'une enquête pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme", de décider soit de les poursuivre et sous quel chef, soit de les relâcher.

Les policiers de la Direction centrale du renseignement intérieur, qui ont déjà longuement interrogé A, 16 ans, et Y, 15 ans, mardi ont donc encore une journée pour reconstituer leur parcours. Ils devraient chercher à savoir qui ils ont rencontré en Turquie ou en Syrie et s'ils ont eu affaire sur place à des facilitateurs, ces individus venus de France et chargés d'accueillir les nombreux candidats au jihad en Syrie.

Pour l'heure, rien ne semble indiquer que A. et Y. aient été recrutés en France par une filière. Ils seraient plutôt partis par leurs propres moyens. L'internet et les réseaux sociaux paraissent avoir grandement contribué à la formation de leur projet.

Tous deux élèves en classe de seconde générale au même lycée de Toulouse, les adolescents sont partis le 6 janvier et sont rentrés séparément de Turquie, dimanche pour le plus âgé, lundi soir pour le plus jeune.

Quelque 700 Français ou étrangers vivant en France sont allés se battre en Syrie ces dernières années ou ont au moins été impliqués dans un tel projet. Mais la révélation du départ de A. et Y. a frappé les esprits à cause de leur âge.

L'équipée des deux adolescents a suscité un émoi national, le président François Hollande affirmant la nécessité de "protéger nos jeunes de France".

Y. est un "jeune garçon très bien intégré, avec un très bon parcours scolaire", a indiqué son avocate Me Agnès Dufétel-Cordier mercredi en soulignant que l'adolescent "coopère sans difficultés".

L'adolescent de 16 ans, au contraire, a eu un parcours scolaire tortueux, mais ne s'était pas signalé défavorablement depuis la rentrée. Des membres de sa famille auraient des convictions religieuses assez dures et il aurait fréquenté occasionnellement la mosquée d'un quartier sensible de Toulouse.

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