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30/01/2014 11:02 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

Des rastafaris manifestent pour défendre un lieu historique en Jamaïque

KINGSTON, Jamaïque - Des rastafaris se sont rassemblés dans la capitale de la Jamaïque, jeudi, pour revendiquer des droits sur une colline où le fondateur de leur mouvement spirituel a dirigé une communauté florissante dans les années 1940, avant que celle-ci ne soit détruite par les autorités coloniales britanniques.

Une centaine de personnes vêtues de rouge, de vert et de jaune ont récité des poèmes, fumé de la marijuana et discuté des récents efforts pour empêcher un promoteur immobilier de construire des résidences au sommet d'une colline rocailleuse connue sous le nom de «Pinacle».

Leonard P. Howell a fondé la première communauté rastafarie autosuffisante à cet endroit il y a plus de 70 ans. Le lieu, situé dans la paroisse de Sainte-Catherine, est considéré comme sacré par les rastafaris.

La communauté a déjà accueilli quelque 4500 personnes, mais elle a été rasée en 1954, donnant lieu à des années de persécution par l'État. Pendant des décennies, les adeptes du rastafarisme ont été traités comme des citoyens de deuxième classe en Jamaïque et dans d'autres îles des Caraïbes.

Les ruines de la maison de M. Howell ont été déclarées lieu historique national l'an dernier par le gouvernement jamaïcain. Mais les tribunaux du pays affirment que les lots adjacents appartiennent à l'entreprise St-Jago Hills Development Ltd.

Donisha Prendergast, l'aînée des petits-enfants de la légende du reggae Bob Marley, a affirmé que le Pinacle était extrêmement important pour la culture rastafarie. Elle a indiqué qu'il y avait eu des progrès dans les négociations entre le gouvernement et le promoteur immobilier, mais qu'elle et d'autres défenseurs de la communauté continuaient de rester vigilants.

«La bataille n'est pas finie et nous ne sommes pas confortables avec la façon dont les choses se déroulent», a déclaré Mme Prendergast.

Trois groupes rastafaris ont rencontré les promoteurs et des représentants du gouvernement cette semaine pour discuter du litige. Selon le ministère de la Jeunesse et de la Culture, le promoteur a accepté de ne rien construire pour l'instant sur cinq lots jouxtant les ruines, et reste ouvert aux négociations quant à l'avenir du terrain.