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30/01/2014 05:44 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

Centrafrique: la crise humanitaire s'aggrave (MSF)

La situation humanitaire en Centrafrique s'est encore aggravée récemment avec un regain de violences dans l'intérieur du pays où "la population est terrorisée", a déclaré jeudi l'ONG Médecins sans frontières (MSF).

"Des combats et des actes de représailles sont signalés entre les éléments de la Séléka et des groupes de miliciens anti-balaka" dans l'intérieur de la Centrafrique, affirme dans un communiqué l'ONG qui a notamment déployé des équipes médicales d'urgence à Berberati (sud-ouest) et dans plusieurs villes du nord-ouest.

Il y a 900.000 déplacés dans tout le pays, soit plus de 20% de la population, ajoute MSF qui rappelle que "cette population n'a pas accès aux soins en raison de l'insécurité et beaucoup de gens se dissimulent dans la brousse par peur des violences".

Certaines villes ont été désertées par leurs habitants, comme à Bocaranga (nord-ouest), "une ville fantôme, vide, détruite, pillée. C'est effrayant" témoigne Delphine Chedorge, coordinatrice d'urgence pour MSF. "Les contacts que nous avons en province nous font part de violences extrêmes et de déplacements de population. La population est terrorisée", affirme-t-elle.

A Bangui, MSF parle d'un "nombre élevé" de blessés traités chaque jour, dont beaucoup nécessitent des interventions médicales vitales.

Ces cas témoignent des "violences extrêmes", qui ont cours dans la capitale : "blessures par balles, mutilations à l'arme blanche, lynchages sont des réalités quotidiennes à Bangui", déplore Marie-Elisabeth Ingres, chef de mission MSF en Centrafrique.

"Par peur des violences, des milliers de personnes" continuent à fuir la ville ou de se regrouper dans des camps de fortune aux conditions de vie épouvantables, notamment sur le site M'Poko de l'aéroport de Bangui où plus de 100.000 personnes s'entassent, selon MSF.

La Centrafrique, pays très pauvres troublé par des années de coups d'Etat et de rébellions, s'est enfoncé dans le chaos et une violence sans précédent depuis la prise du pouvoir en mars 2013 par la rébellion Séléka, à dominante musulmane, qui a renversé le président François Bozizé.

Les exactions répétées pendant des mois sur une population majoritairement chrétienne ont entraîné un cycle infernal de tueries interreligieuses qui a fait plus de 1.000 morts depuis début décembre.

cl/mc/jlb