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29/01/2014 12:04 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

Réfugiés syriens: Alger dénonce l'attitude de "donneur de leçons" du Maroc

L'Algérie a dénoncé mercredi l'attitude de "donneur de leçons" du Maroc en convoquant à son tour l'ambassadeur marocain pour lui exprimer son "ferme rejet" des "allégations" sur de présumées expulsions de Syriens vers le royaume.

La veille, Rabat avait annoncé avoir convoqué l'ambassadeur d'Algérie pour faire savoir sa "forte désapprobation" du refoulement par Alger "vers le territoire marocain de plus de 70 ressortissants syriens".

Mercredi, le ministère algérien des Affaires étrangères a, à son tour, exprimé à l'ambassadeur du Maroc le "ferme rejet par le gouvernement algérien de (ces) allégations dénuées de tout fondement", a indiqué son porte-parole, Amar Belani, cité par l'agence nationale APS.

"L'Algérie n'a certainement pas besoin de donneurs de leçons", a-t-il ajouté, en soulignant que "l'Algérie assumait pleinement ses responsabilités dans le cadre du bon voisinage, malgré la charge importante qu'elle supporte depuis des années en raison du nombre croissant d'immigrants sub-sahariens refoulés par les autorités marocaines vers son territoire".

Alger "réprouve fortement cette nouvelle provocation politiquement motivée" et "déplore profondément cette tentative supplémentaire et gratuite de crispation d'une relation qui a déjà connu un sérieux dommage le 1er novembre lors de l'agression contre l'enceinte consulaire algérienne à Casablanca", a souligné M. Belani.

Le 1er novembre, en marge d'un sit-in visant à protester contre des propos du président algérien Abdelaziz Bouteflika sur le Sahara occidental, un jeune Marocain était parvenu à escalader le mur du consulat et avait enlevé le drapeau algérien.

Cet incident était intervenu sur fond de tensions diplomatiques entre Alger et Rabat autour de la question des droits de l'Homme au Sahara occidental, une ancienne colonie espagnole occupée depuis 1975 par le Maroc mais revendiquée par le Front Polisario (indépendantistes).

Rabat y est accusé de violations de droits de l'Homme par les indépendantistes, qu'Alger soutient, et par des ONG internationales.

Rabat propose un plan d'autonomie sous sa souveraineté, mais le Polisario réclame un référendum d'autodétermination.

bmk/cco