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29/01/2014 03:03 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

Portugal: l'opposition veut empêcher la vente aux enchères d'une collection d'oeuvres de Miro

Des députés du Parti socialiste portugais, principale force d'opposition au gouvernement de centre droit, ont annoncé mercredi leur intention de saisir la justice pour empêcher la vente aux enchères par l'Etat de 85 oeuvres de Joan Miro.

Ces élus déclencheront jeudi matin une action judiciaire "pour que soit décrété dans la plus grande urgence la suspension de la vente des tableaux", ont-ils indiqué dans un communiqué.

La vente des oeuvres de l'artiste espagnol est prévue mardi et mercredi prochains à Londres par la maison d'enchères Christie's, qui a estimé sa valeur globale à plus de 30 millions de livres (36,4 millions d'euros).

"Il s'agit d'un des plus vastes et impressionnants ensembles de l'artiste jamais mis aux enchères", affirmait Christie's dans un communiqué daté du 20 décembre.

Cette collection est devenue propriété de l'Etat portugais à la suite de la nationalisation en 2008 de la banque BPN, qui avait subi d'importantes pertes dues à des opérations frauduleuses aggravées par la crise financière internationale. L'institution a été reprivatisée en 2011.

La décision du gouvernement de vendre les 85 oeuvres de Miro a suscité un vif émoi dans les milieux culturels portugais. Une pétition circulant sur internet pour exiger que la collection soit maintenue au Portugal comptait près de 9.000 signataires mercredi soir.

"L'importance de Joan Miro dans l'histoire de l'art est absolument incontestable et il n'existe au Portugal aucun ensemble de ce peintre ayant une valeur patrimoniale et artistique comparable à celui-ci", ont fait valoir les députés socialistes qui s'apprêtaient à saisir la justice.

"Ce n'est pas la priorité du Portugal d'acheter ou de garder une collection de cette dimension d'un grand peintre espagnol du XXe siècle. Il y a d'autres collections plus importantes", avait déclaré à la mi-janvier le secrétaire d'Etat à la Culture Jorge Barreto Xavier.

Sous assistance financière internationale depuis 2011, le Portugal s'est engagé auprès de ses créanciers à mettre en oeuvre un programme de stricte rigueur budgétaire dont il espère s'affranchir en mai prochain.

tsc/via