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29/01/2014 09:10 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

Merkel va recevoir Kerry à Berlin sur fond de tensions au sujet de la NSA

La chancelière allemande Angela Merkel recevra vendredi le secrétaire d'État américain John Kerry, sur fond de tensions entre les deux pays au sujet des activités de l'agence américaine de renseignement NSA, a annoncé un porte-parole du gouvernement allemand mercredi.

Mme Merkel a critiqué jeudi les méthodes des Etats-Unis en matière d'espionnage, estimant que les puissances occidentales qui sacrifient la liberté au nom de la sécurité envoyaient un mauvais signal à "des milliards de personnes vivant dans des Etats non démocratiques", dans un discours de politique générale devant les députés du Bundestag.

"Des actions pour lesquelles la fin justifie les moyens, dans lesquelles tout ce qui est techniquement possible est mis en oeuvre, violent la confiance, sèment la méfiance", a-t-elle déclaré, ajoutant que "le résultat final n'est pas plus de sécurité mais moins" de sécurité.

Mme Merkel et M. Kerry doivent s'exprimer devant la presse vendredi à 13H00 GMT, avant un entretien. Puis le secrétaire d'État américain se rendra à la Conférence sur la sécurité de Munich qui réunit le gratin de la défense et de la diplomatie internationale, de vendredi à dimanche dans le sud de l'Allemagne.

L'actualité en Syrie et en Ukraine devraient occuper une place de choix lors de l'entrevue de la chancelière avec M. Kerry. Mais Mme Merkel devrait aussi aborder le différend entre les deux pays au sujet de ces activités de la NSA, lors de cette première rencontre avec un haut responsable américain depuis des révélations fin octobre sur l'espionnage d'un des téléphones portables de la chancelière par l'agence de surveillance américaine.

Revenant sur ces révélations s'appuyant sur des documents de l'ancien consultant de la NSA Edward Snowden , la chancelière a déclaré jeudi : "aucune personne assumant des responsabilités politiques ne peut contester sérieusement que ce que nous avons appris à l'époque pose des questions fondamentales".

"L'Allemagne ne peut s'imaginer meilleur partenaire que les États-Unis", a-t-elle affirmé, mais "la question de l'équilibre des moyens que l'on se donne pour contrer une menace, par rapport à cette menace, est posée".

Elle a notamment reproché aux États-Unis et à la Grande-Bretagne d'avoir outrepassé les nécessités de la lutte anti-terroriste, en se servant de leurs systèmes d'écoutes et d'interception à des fins politiques, économiques ou diplomatiques.

"Cela ne peut être acceptable. Car cela touche au coeur de ce qui fait la coopération entre amis et alliés: la confiance", a dénoncé Mme Merkel.

Elle a ajouté espérer qu'un accord soit toujours possible avec Washington sur des standards communs pour la lutte contre les menaces, même si "les positions sont à ce jour très éloignées", référence aux négociations difficiles sur un traité souhaité par l'Allemagne interdisant tout espionnage réciproque.

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