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29/01/2014 09:16 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

Le Parlement ukrainien adopte une mesure d'amnistie sous conditions

KIEV, Ukraine - Le Parlement ukrainien a adopté une mesure offrant l'amnistie aux manifestants arrêtés, mais à la condition que les militants cessent leur occupation de la plupart des édifices qu'ils ont pris d'assaut.

La mesure, adoptée mercredi après près de 12 heures de négociations, n'a pas été appuyée par les groupes d'opposition ayant alimenté les manifestations des deux derniers mois contre le gouvernement.

Les manifestants occupent au moins trois édifices dans la capitale, Kiev, qu'ils utilisent comme dortoirs et centres de coordination, et qui représentent des installations de soutien à un vaste camp de tentes au coeur de la ville. Avec des températures chutant jusqu'à -20 degrés Celsius durant la nuit, poursuivre les manifestations sans endroits pour trouver refuge serait pratiquement impossible.

La proposition d'amnistie risque fort de braquer les groupes d'opposition, étant donné qu'elle ne dénote aucun signe d'une volonté des autorités de s'attarder aux principaux enjeux au coeur des actions de protestation.

Viktor Chumak, du parti d'opposition Udar, a affirmé mercredi que 328 personnes avaient été arrêtées dans le cadre des manifestations, soutenant qu'elles étaient «otages des autorités», a indiqué l'agence de nouvelles Interfax.

La loi d'amnistie compte parmi les concessions consenties par le président Viktor Ianoukovitch au terme d'une semaine de bagarres de rues entre manifestants et policiers. Le premier ministre a démissionné et des lois antimanifestations sévères ont été abolies, mais cela n'a pas suffi à satisfaire des manifestants qui réclament la démission de M. Ianoukovitch et la tenue d'élections anticipées.

Le leader de l'opposition Arseni Iatseniouk prévenait plus tôt mercredi que les manifestants n'accepteraient pas de sortir de la rue pour obtenir l'amnistie.

Les manifestants campent sur une place centrale de Kiev, le Maidan, depuis deux mois et ils se sont emparés de trois édifices voisins. Ils ont aussi érigé d'imposantes barricades de glace, de bois, de meubles et d'autres matériaux.

«Ils ont posé plusieurs conditions, et la principale condition prévue par le projet de loi est de libérer le Maidan, et seulement après ça les manifestants auront-ils droit à l'amnistie, a dit M. Iatseniouk. Nous trouvons cela inacceptable.»

Pendant ce temps, deux groupes de manifestants se sont affrontés mercredi, quand l'un d'eux a tenté de libérer l'édifice gouvernemental occupé par l'autre au coeur de Kiev. Andri Khoronets, un militant du parti modéré Svoboda, a tenté de forcer les membres du groupe plus militant Spilna Sprava à sortir de l'édifice du ministère de l'Agriculture, dans le cadre d'un compromis avec le gouvernement.

«Nous devons être perçus comme des gens en mesure de s'acquitter de leurs obligations, a dit M. Khoronets à l'Associated Press. Il ne devrait pas y avoir d'anarchie.»

Au moins deux manifestants ont été blessés.