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29/01/2014 09:30 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

La compagnie Yemenia poursuivie en France pour le crash de 2009 au large des Comores

Cinq ans après le crash d'un A310 au large des Comores, qui avait fait 152 morts et une seule survivante, un juge français a inculpé la compagnie Yemenia Airways, relançant l'espoir des familles de victimes de voir l'enquête aboutir.

La compagnie yéménite a été inculpée le 15 novembre par un juge d'instruction du tribunal de Bobigny (au nord de Paris) pour "homicides involontaires", a indiqué mercredi à l'AFP une source judiciaire.

"C'est un soulagement bien sûr, après quatre ans et demi de lutte et de combat pour la vérité et la justice", a déclaré à l'AFP le président de l'association des familles de victimes (AFVCA), Saïd Assoumani.

"Je pense que cette mise en examen va marquer la fin de l'impunité et de la mauvaise foi judiciaire de la part de la Yemenia", qui a souvent "refusé de participer aux procédures" lancées par la justice française, a ajouté cet homme qui a perdu sa soeur, une nièce de neuf ans et son beau-frère dans la catastrophe.

Contacté par l'AFP, le représentant de la compagnie aérienne en France n'a pas souhaité s'exprimer.

L'avion de la Yemenia, un A310, s'était abîmé en mer le 30 juin 2009 au large de Moroni, la capitale des Comores, avec 142 passagers franco-comoriens et 11 membres d'équipage à bord. Sur les 153 occupants, seule une adolescente, alors âgée de 14 ans, Bahia Bakary, avait survécu.

Une information judiciaire avait été ouverte en juillet 2009 à Bobigny pour déterminer les causes de l'accident. Les proches des victimes avaient porté plainte en avril 2011 pour "obstacle à la manifestation de la vérité" et "mise en danger de la vie d'autrui".

"La Yemenia va devoir s'expliquer, et c'est un soulagement pour nos clients, qui ne s'expliquent pas pourquoi cela n'a pas été fait depuis longtemps", estime l'avocat de l'AFVCA, Me Gérard Montigny qui défend notamment Bahia Bakary.

La jeune femme, qui a perdu sa mère dans l'accident, est élevée par son père et une tante et poursuit ses études tout en restant "suivie et assistée" psychologiquement, a précisé Me Montigny.

Partis de Paris ou de Marseille (sud-est) à bord d'un Airbus A330 récent, les passagers du vol pour Moroni avaient changé d'appareil à Sanaa, au Yémen, pour un A310 vieux de 19 ans. Les boîtes noires avaient été retrouvées et le Bureau d'enquêtes et d'analyses français (BEA) les avait décryptées mais l'enquête s'est enlisée.

Les familles des victimes ont dénoncé à plusieurs reprises les "lenteurs" de la procédure, accusant le Yemen de faire pression pour que ne soit pas mise en cause sa compagnie nationale.

En juin 2013, un rapport d'enquête technique publié à Moroni avait conclu que l'accident était dû "à une action inadaptée de l'équipage" au cours d'"une manoeuvre non-stabilisée".

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