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29/01/2014 05:31 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

François, premier pape à faire la une du <em>Rolling Stone</em>

Dans sa toute nouvelle controverse, le Rolling Stone réussit un tour de force : susciter l'indignation du Vatican tout en brossant un portrait louangeur du pape François.

« Les temps sont en train de changer », titre le magazine culturel, une référence à la chanson de Bob Dylan, The times they are a-changin'.

Sur la couverture de son édition à paraître vendredi, le pape François apparaît vêtu de blanc, là où tant de rock stars et de vedettes du monde artistique se sont succédé. Bien que Rolling Stone ait souvent publié des unes à saveur politique, le magazine n'avait jamais de son histoire consacré sa première page à un souverain pontife.

C'est que, de toute évidence, le style du nouveau pape plaît aux éditeurs de la revue américaine. « Non seulement son ton modéré contraste avec celui des deux précédents papes, mais il apaise aussi les querelles culturelles et parle des vrais problèmes économiques en termes moraux  », indique le magazine dans un communiqué.

Dans son article, déjà en ligne sur le site du magazine, le journaliste envoyé au Vatican remet les actions et les déclarations du pape en contexte, tout en y allant de ses propres impressions. Par exemple, pour décrire une messe donnée depuis une fenêtre du palais Apostolique, il compare les « nonnes qui se faufilent jusqu'à l'avant en toute impunité, comme les jolies jeunes filles dans un concert rock. »

Le Vatican proteste

Si le portrait du pape François se révèle plutôt élogieux, son prédécesseur ne s'en sort pas aussi indemne. Le journaliste n'hésite pas à qualifier le règne de Benoît XVI de « désastreux » et à affirmer que son apparence a de quoi « faire peur aux adolescents dans leurs cauchemars ».

Le Vatican a rapidement réagi mercredi, dénonçant la « grossièreté » de l'article, publié deux semaines avant l'anniversaire de la démission de Benoît XVI.

Selon le porte-parole du Saint-Siège, Rolling Stone a publié un article « superficiel qui, pour mettre en lumière des aspects positifs du pape François, se sent obligé de décrire de façon négative le pontificat de Benoît XVI ».

« Ce n'est pas une bonne façon de rendre service au pape François, qui sait très bien tout ce que l'Église doit à son prédécesseur », a ajouté le père Federico Lombardi.

En décembre dernier, le magazine américain Time avait sacré le pape François homme de l'année 2013. Il a également été couronné personnalité de l'année par le magazine homosexuel The Advocate.