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29/01/2014 06:36 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

France: les derniers effets de Napoléon vendus aux enchères en mars

Chemise, manches, bandelettes: d'humbles effets personnels de Napoléon 1er, portés par l'empereur déchu la veille et le jour de sa mort sur l'île de Sainte-Hélène, et rassemblés pieusement par son fidèle valet, seront dispersés aux enchères en France au printemps.

"C'est très émouvant. On touche à la vie de l'empereur, dans ce qu'elle a de plus personnel, de plus intime", déclare à l'AFP le commissaire-priseur Jean-Pierre Osenat, qui organise cette vente le 23 mars à Fontainebleau, dans la région parisienne.

Ces souvenirs de la captivité de Napoléon dans l'île britannique de Sainte-Hélène et de sa mort le 5 mai 1821 ont été ramenés par Achille Archambault (1792-1858). Entré au service de l'empereur pour s'occuper de ses chevaux, il l'accompagne en exil et devient sur la fin son valet de pied.

Les objets présentés à la vente sont restés chez des descendants d'Archambault jusqu'à ce jour. "Ils étaient conservés dans un coffre en bois dans un petit village corse", raconte Me Osenat.

Lot phare de la vente, une chemise en batiste (étoffe de coton finement tissée) portée par Napoléon le 4 mai 1821 à la veille de sa mort est estimée à entre 30.000 à 40.000 euros. Elle porte le célèbre chiffre "N" de Napoléon.

La maison d'enchères Osenat souligne qu'elle comporte des rousseurs, de petites reprises et "une large trace probablement de sudation à la pointe de l'encolure, pouvant prouver la souffrance du malade".

La chemise est accompagnée d'un billet manuscrit de la main d'Archambault, cousu sur un côté.

"C'est sans doute la chemise que Napoléon portait lorsqu'il prononça ses derniers mots +France! Mon fils! Armée!+ dans la nuit du 4 au 5 mai", assure Me Osenat.

Les manches de la dernière chemise que portait Napoléon au moment de sa mort le 5 mai en fin d'après-midi sont également proposées aux enchères. Accompagnées d'un billet manuscrit d'Archambault, elles sont estimées à entre 8.000 et 10.000 euros.

Archambault: "le seul qui pleure"

Archambault a également conservé des bandelettes en batiste, sans doute découpées dans une chemise. Elles "ont servi à l'empereur pendant sa maladie à Sainte-Hélène", consigne soigneusement Archambault.

A partir du 21 avril 1821, l'ex-empereur éprouve des fièvres continuelles, qui déclenchent sueurs, hallucinations et délires. Le 3 mai les symptômes s'aggravent. Ces compresses "ont pu servir pour éponger ou rafraîchir le front" de Napoléon, note la maison d'enchères, spécialiste des ventes de souvenirs historiques autour de l'Empire.

Larges de 16 centimètres, elles sont estimées à entre 3.000 à 5.000 euros.

Parmi les objets de Napoléon en exil, les collectionneurs pourront également acheter deux mouchoirs, un coupe-papier, et la fine canne à pommeau en ivoire "qui a servi à ses promenades", note Archambault.

Achille Archambault est "le fidèle d'entre les fidèles", qui assiste Napoléon jusque dans son agonie, "le seul qui pleure" pendant l'autopsie selon des témoignages britanniques, souligne Me Osenat.

"C'est aussi Archambault qui soutient la tête du défunt pendant la prise d'empreinte du masque mortuaire", dit-il.

Les objets présentés à la vente n'ont jamais quitté la famille. En 1921, la collection d'Achille Archambault a été présentée au château de la Malmaison, près de Paris. Puis en 1924, une partie a été vendue aux enchères par la célèbre maison parisienne Drouot et la Malmaison a acheté des pièces, notamment la chemise que portait Napoléon le 5 mai au matin.

Archambault n'a pas été oublié dans le testament de Napoléon, qui lui a légué 50.000 francs.

Défait à Waterloo le 18 juin 1815, Napoléon a été envoyé en captivité à Sainte-Hélène, une île perdue dans l'Atlantique Sud à plus de 1.800 km des côtes africaines, où il est resté jusqu'à sa mort, à l'âge de 51 ans.

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