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29/01/2014 04:19 EST | Actualisé 30/03/2014 05:12 EDT

France: deux dirigeants de presse retenus toute la nuit par des salariés

Deux dirigeants d'un groupe de la presse quotidienne régionale française étaient séquestrés mercredi depuis plus de douze heures par des salariés protestant contre les modalités d'un plan social, un mode de contestation de plus en plus fréquent.

"Toujours séquestrés depuis hier soir (mardi) 18H00", a indiqué par SMS à l'AFP peu avant 08H00 (07H00 GMT) le secrétaire général du groupe Centre France/La Montagne, Gilles Crémillieux, retenu avec le directeur des ressources humaines, Jérôme Rivière, au siège du quotidien La République du Centre, à Saran.

Un porte-parole des salariés, Christophe Bourdeau, avait indiqué dans la nuit qu'"à la suite d'une nouvelle réunion avec les syndicats, et vu que les choses n'avancent pas, les salariés ont eu une réaction d'orgueil et ont décidé de retenir ces dirigeants pour la nuit".

Les deux dirigeants "sont bloqués dans les locaux, sans violence", par quelque 25 salariés, principalement des personnels techniques, avait-il assuré. Le caractère pacifique de l'action a été constaté par la police, selon M. Bourdeau.

Les salariés, en grève depuis le 18 janvier, protestent contre le montant d'une prime proposée par la direction dans le cadre d'un plan social prévoyant la fermeture du centre d'impression de Saran et la suppression de 78 postes.

"La direction a proposé mardi soir de porter cette prime de 7.000 à 7.500 euros: on a pris ça pour une vraie provocation", a expliqué M. Bourdeau. Les salariés réclament 62.000 euros.

En raison de ce mouvement de grève, le quotidien n'a pas paru depuis 11 jours, hormis son édition dominicale.

Le groupe de presse Centre France/La Montagne détient huit quotidiens et une douzaine d'hebdomadaires (1.200 personnes).

Centre France/La Montagne veut se réorienter sur le numérique et diversifier son offre, grâce à un investissement de 15 millions d'euros. Le groupe a réalisé un chiffre d'affaires de 223,5 millions d'euros en 2012 et mise, grâce à cette restructuration, sur un chiffre d'affaires de 240 millions en 2016.

Début janvier, deux cadres d'une usine de pneumatiques Goodyear dans le nord de la France ont été retenus près de 30 heures par des salariés.

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