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29/01/2014 04:19 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

Egypte: Washington dénonce le procès à venir de journalistes d'Al-Jazeera

La diplomatie américaine a eu mercredi des mots particulièrement sévères contre les atteintes selon elle à la liberté de la presse en Egypte, dénonçant avec force le procès à venir de 20 journalistes, dont quatre Occidentaux, de la télévision Al-Jazeera.

"Le fait que le gouvernement cible des journalistes et d'autres sur des arguments fallacieux est non seulement une erreur, mais fait montre aussi d'un dédain monstrueux pour la protection des droits fondamentaux et des libertés", a déclaré la porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki, en commençant son point de presse quotidien.

"Nous nous alarmons d'informations faisant état aujourd'hui de nouvelles poursuites contre des journalistes, dont ceux d'Al-Jazeera", a martelé Mme Psaki en lisant un communiqué.

Vingt journalistes -- 16 Egyptiens, deux Britanniques, un Australien et un Néerlandais-- de la télévision satellitaire Al-Jazeera, basée au Qatar, vont être jugés en Egypte pour avoir diffusé "de fausses nouvelles", a indiqué mercredi le ministère public. Les 16 reporters égyptiens sont accusés d'appartenance à une "organisation terroriste" et d'avoir "porté atteinte à l'unité nationale et à la paix sociale", selon le parquet égyptien, tandis que les quatre étrangers sont accusés de "collaboration avec (ces) Egyptiens".

"Nous rappelons au gouvernement égyptien que la liberté de la presse est la pierre angulaire de la démocratie et nous exhortons le gouvernement intérimaire à se conformer à ses engagements en matière de libertés" publiques, a encore asséné le département d'Etat.

Les Etats-Unis "pressent avec force le gouvernement (au Caire) de revenir sur les mises en détention et poursuites en justice contre ces journalistes".

Le parquet égyptien les avait accusés d'entretenir des liens avec les Frères musulmans, considérés comme une organisation terroriste par les autorités égyptiennes, dirigées de facto par l'armée.

"Le monde entier sait que les accusations portées contre nos journalistes sont infondées", s'est défendue Al-Jazeera.

Les Etats-Unis ont multiplié les mises en garde ces derniers mois contre les autorités intérimaires égyptiennes mises en place par l'armée après la destitution en juillet 2013 du président islamiste démocratiquement élu Mohamed Morsi. Washington a également réduit son aide militaire au Caire.

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