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29/01/2014 12:07 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

Cisjordanie: la justice israélienne ajourne deux décisions sur le "mur"

Les deux plus hautes juridictions israéliennes ont renvoyé mercredi à une date ultérieure non déterminée leur décision sur deux recours contre le tracé de la barrière de séparation près de Bethléem, en Cisjordanie occupée.

Le cas du village de Battir a été examiné par la Haute cour de justice israélienne, qui n'a pas statué au terme d'une journée d'audience.

"La Cour va maintenant décider si elle accepte la demande des habitants de Battir de changer le tracé du mur", a expliqué Ghiath Nasser, avocat des requérants.

"Israël doit respecter ce secteur et laisser les habitants accéder à leurs terres", a affirmé Mohammad Owaineh, propriétaire foncier à Battir.

Le site de Battir, dont les terrasses agricoles remontent à l'époque romaine, il y a plus de 2.000 ans, est considéré comme un prétendant sérieux au classement par l'Unesco au Patrimoine mondial de l'humanité.

Fait inhabituel, le recours, présenté par l'ONG Les Amis de la Terre/Moyen-Orient, a également reçu le soutien de l'Autorité israélienne des réserves et parcs naturels, pourtant dirigée par des partisans de la colonisation, au nom de la protection de l'environnement et du site.

La Cour suprême israélienne était quant à elle saisie du cas de la vallée de Crémisan, site emblématique du christianisme. "La décision des juges pourrait être rendue dans plusieurs mois", a indiqué à l'AFP Me Nasser.

"Nous avons peu d'espoir, mais avec la pression diplomatique et la présence massive de l'Église, nous pouvons peser positivement sur la décision", a estimé le père Ibrahim al-Shomali, curé de Beit Jala, près de Bethléem, présent lors de l'audience.

Une vingtaine de Palestiniens de Beit Jala, que le tracé de la barrière menace de séparer de leurs terres, se sont déplacés à Jérusalem pour assister aux débats.

La vallée de Crémisan, couverte de citronniers et d'oliviers, est aussi connue pour son vignoble qui produit le vin de messe de Terre sainte.

La barrière, baptisée "clôture de sécurité" par Israël et "mur de l'apartheid" par les Palestiniens, achevée aux deux tiers, doit atteindre à terme environ 712 km. Elle se trouve à 85% en Cisjordanie, isolant 9,4% du territoire palestinien, dont Jérusalem-Est, selon l'ONU.

La Cour internationale de justice (CIJ) a jugé le 9 juillet 2004 sa construction illégale et exigé son démantèlement, de même que l'Assemblée générale de l'ONU.

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