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28/01/2014 01:27 EST | Actualisé 30/03/2014 05:12 EDT

Un Yéménite de Guantanamo plaide pour sa libération devant un comité d'experts

Un des tout premiers détenus de Guantanamo, jusqu'ici classé parmi les plus dangereux, a comparu mardi devant un comité d'experts pour envisager son éventuelle libération, alors que s'accélèrent les efforts pour fermer la prison controversée.

Le Yéménite Abdel Malik Wahab al Rahabi, âgé de 34 ans, est apparu frêle et grave, dans une tunique blanche de prisonnier, pendant une audience déclassifiée de 19 minutes à Guantanamo, retransmise pour la première fois à huit journalistes réunis dans une salle du Pentagone à Arlington (Virginie, est).

Il s'agissait de la deuxième comparution de ce type devant le "Periodic review Board" (PRB) créé en 2011 par l'administration Obama, l'équivalent d'un comité fédéral de révision des peines pour des détenus n'ayant toutefois jamais été inculpés ni condamnés.

Dans le cadre de l'objectif affiché par Barack Obama de fermer la prison de Guantanamo, le but de cette comparution est de savoir si ce détenu "continue de représenter une menace durable pour la sécurité" nationale, a déclaré Todd Breasseale, un porte-parole du Pentagone, au début de l'audience.

Ce groupe est composé de six experts des ministères de la Défense, de la Justice, de la Sécurité intérieure, des Affaires étrangères, du Bureau du Renseignement national (ODNI) et de la force de coalition qui commande Guantanamo (Joint Task Force).

Considéré par le gouvernement comme un ancien garde du corps d'Oussama ben Laden, "presque certainement un membre d'Al-Qaïda (...) sélectionné pour participer à une tentative de détournement d'avion", M. al Rahabi "cherchera probablement à rentrer auprès de sa famille à Ibb, au Yémen", a déclaré d'emblée un représentant de l'administration Obama, sous couvert de l'anonymat.

Mais son beau-frère, ancien détenu de Guantanamo présenté comme un "extrémiste connu à Ibb", pourrait lui donner aussi la "possibilité de rejoindre l'AQAP s'il le décide", a-t-il ajouté.

Un éventuel feu vert pour son rapatriement sera connu au plus tôt dans quelques jours, au plus tard sous 30 jours. Il reste à ce jour 155 détenus, dont 88 Yéménites à Guantanamo. 76 des prisonniers avaient été déclarés libérables par un comité similaire sous l'administration Bush.

chv/are