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28/01/2014 07:47 EST | Actualisé 30/03/2014 05:12 EDT

État de l'Union: Obama promet d'agir pour amoindrir les inégalités sociales

WASHINGTON - Affirmant que la reprise économique des États-Unis tarde encore à se concrétiser pour des millions d'Américains, le président Barack Obama a lancé un défi à un Congrès lourdement divisé de rétablir la croyance en «l'égalité des opportunités». Il a affirmé que lui-même n'hésiterait pas à intervenir là où il en le pouvoir.

«L'Amérique ne restera pas là à rien faire et moi non plus», a déclaré le président Obama dans son discours sur l'état de l'Union, retransmis à la télévision mardi soir et dont des extraits ont été transmis aux médias.

L'adresse du président marque le début d'une bataille électorale de mi-mandat qui devrait rapidement s'emparer de Washington. Les démocrates, qui tentent de dépeindre les républicains comme les protecteurs des plus fortunés, ont pressé le président Obama de s'attaquer aux inégalités sociales et de réduire le fossé séparant les mieux nantis des plus pauvres du pays.

Les mesures promises par le président mardi soir s'inscrivent d'ailleurs dans cette lignée. Il a dit vouloir adopter une série de mesures exécutives pour relever le salaire minimum des nouveaux employés fédéraux, aider les chômeurs de longue date à retourner sur le marché du travail et élargir les programmes de formation de main-d'oeuvre.

M. Obama a aussi réitéré son appel aux élus du Congrès pour qu'ils haussent le salaire minimum de tous les travailleurs, adoptent une importante réforme sur l'immigration et améliorent l'accès aux programmes d'éducation de la première enfance. Ces initiatives avaient toutes été évoquées lors du dernier discours sur l'état de l'Union de M. Obama, l'an dernier, mais elles n'avaient pas abouti.

Bien que le taux de chômage recule aux États-Unis et que les marchés financiers reprennent du tonus, le président prévoit reconnaître que de nombreux Américains n'en voyaient toujours pas les retombées concrètes.

«La dure réalité, c'est que même si l'économie reprend, il y a encore trop d'Américains qui travaillent plus fort que jamais et parviennent à peine à joindre les deux bouts. Et il y en a encore trop qui n'ont tout simplement pas d'emplois.»

La stratégie de M. Obama, qui préfère faire cavalier seul, devrait lui permettre de dynamiser son second mandat en demi-teintes et inciter un Congrès divisé à adopter de nouvelles mesures pour multiplier les opportunités d'emplois pour des millions d'Américains.

Mais les chances que les élus obtempèrent sont minces, surtout à l'approche des élections de mi-mandat.

Bien au fait de ces difficultés à venir, la Maison-Blanche a pris le pari de prouver à la population américaine que le président détenait encore les rênes du pouvoir en annonçant ces mesures unilatérales.

Or, la portée immédiate des actions posées par M. Obama risque d'être faible. Son initiative concernant la hausse du taux fédéral du salaire minimum de 7,25 $ US à 10,10 $ US ne s'appliquera, par exemple, qu'aux nouveaux employés contractuels.

«La froide réalité est qu'au milieu de la reprise, trop d'Américains travaillent pour seulement joindre les deux bouts. Et trop d'Américains ne travaillent pas du tout.»

«Donnons une augmentation de salaire à l'Amérique!»

Les républicains, qui ont vu leur cote de popularité chuter dans les sondages en 2013, ont repris la cause de l'inégalité des revenus au cours des derniers mois. Selon eux, l'écart grandissant entre les riches et les pauvres est attribuable aux politiques économiques d'Obama.

«Les républicains ont des projets pour réduire cet écart. Ces projets se concentreront sur l'emploi sans nécessiter de nouvelles dépenses, d'aides gouvernementales ou de la bureaucratie supplémentaire», a déclaré une représentante du GOP, Cathy McMorris.

En matière de politiques étrangères, M. Obama a promis d'imposer son véto à toutes lois votées par le Congrès pour imposer des sanctions à l'Iran tant et aussi longtemps que dureront les négociations sur l'emploi du nucléaire dans l'État islamique.

Il a mentionné le retour des troupes américaines d'Afghanistan, ajoutant qu'il avait espoir que soit fermée la prison de Guantanamo Bay car, a ajouté le président, le terrorisme ne se combat pas seulement avec des opérations militaires et des services de renseignements; il se combat aussi en demeurant fidèle aux idéaux constitutionnels et en servant d'exemple au reste de la planète.